À poil sur l’écran : quand le porno des 70's s'inspirait des films Z

Posté par Création Documentaire
Bien avant le gonzo, les films X, qui puisaient dans le cinéma de genre, étaient aussi drôles qu’ambitieux. Un âge d’or révolu que fait revivre le documentaire À poil sur l’écran, consacré au cinéma pornographique.

Des monstres toc, des Batman en costume cheap, des nonnes en folie, mais aussi des femmes qui prennent l'apparence de démons lubriques… Le cinéma bis, dès sa naissance dans les années 60, a toujours trempé dans un érotisme sulfureux, tiraillé entre pulsions de sexe et de mort.

Ces films (souvent italiens), couvraient tout le spectre du cinéma de genre, du kung-fu au western en passant par le giallo, le péplum, ou la fresque préhistorique. Ils faisaient le bonheur des petites salles de quartier, d’un public nerd avant l’heure et défiaient aussi bien la morale que le bon goût.
 

Pas étonnant que le cinéma porno, qui partage avec le bis l’amour des tournages fauchés, de la provoc’ et une mauvaise réputation, se soit inspiré de ces nanars en carton-pâte. 

Dans les années 70, entre explosion de la contre-culture et libération sexuelle, le porno verse joyeusement dans le fantastique. Il se marre, parodie sans vergogne, livrant des kilomètres de bobines de curiosités comme Dracula Sucks, The Erotic Adventures of Zorro et autres L’arrière-train sifflera trois fois.

Le maître des navets, l’inénarrable réalisateur espagnol Jess Franco (photo), produira à lui seul près de 200 films, tous plus foutraques les uns que les autres et aux charmes artistiques indéniables.   
 

Tout comme de nombreux films X classiques de l’époque, les réalisateurs sortent alors d’écoles de cinéma.

En tête de file, le célébrissime Deep Throat en 1972 (photo) et son scénario abracadabrant à base de clitoris dans la gorge, qui fait un carton au box-office et marque le coup d’envoi de l’âge d’or du porno américain mainstream. Enfin, les critiques prennent le genre au sérieux !

La France n’est pas à la traîne, avec des productions également portées sur le fantastique, comme Le Sexe qui parle (1975). 
 

Et aujourd’hui ? L’arrivée du porno gonzo, où seule « l’efficacité » prime (pas de scénario, pas de décors, pas de dialogues…) a peu à peu enterré le cinéma X fantastique.

Mais il n’a pas tout à fait dit son dernier mot : certains réalisateurs résistent. Et puis, on peut toujours se consoler en revoyant les classiques…
 

À poil sur l’écran, une Création Documentaire, à partir du 31 janvier sur CANAL+ Décalé et myCANAL.