Stéréotrip : Quand les groupes anglais « envahissaient » les États-Unis

Dans l’épisode de Stéréotrip en Angleterre, Paul Taylor revient sur la formidable histoire musicale du pays, et un de ses épisodes les plus importants.
Posté par Création Décalée

Dans les années 60, l’Amérique et le monde entier vont être secoués par un phénomène soudain : les Anglais, dont on n’entendait pas trop parler, débarquent, et vont provoquer le raz-de-marée que l’on sait, changeant à jamais la face de la pop music.

Pour ce faire, ils ont eu la bonne idée de réinterpréter des codes bien connus, en les twistant à leur sauce. 
 

Les Beatles, qui ont débuté avec le skiffle, ont ainsi « pris le rock et le r’n’b américains et l’ont changé en quelque chose de typiquement britannique », selon le rock-critic Barney Hoskyns.

Quoi de plus naturel alors que leur musique séduise les Américains, chez qui aucun groupe britannique n’arrivait à percer ?

En mars 1964, cinq de leurs titres sont en tête du Billboard. « I Want to Hold your Hand », phénomène aux États-Unis où on attend les quatre garçons à coupes au bol comme des dieux vivants pour leur première tournée, lance la Beatlemania qui va bientôt toucher le monde entier. 
 

Des dizaines de groupes de l’île, des Who aux Kinks en passant par les Zombies, Animals et autres Rolling Stones, s’engouffrent dans la brèche. C’est la British Invasion.

Le tiers des charts américains est squatté par les Anglais, tout comme les ondes, plateaux télé et bien sûr les stades, où se produisent les groupes. Les teenagers achètent du jour au lendemain les 45-tours made in Britain à tour de bras. 
 

La mode va durer plusieurs années, permettant aux groupes britanniques en tournée, moins rodés que les Américains, de se professionnaliser et de profiter de cet immense marché.

On essaie pourtant de leur mettre des bâtons dans les roues, les Yankees ne goûtant pas forcément à l’ironie british – les Kinks (photo) se feront même interdire de séjour, pour des raisons obscures –, et la presse finit par montrer son hostilité envers les ressortissants de la perfide Albion. 
 

Si le phénomène tourne court, il aura eu un retentissement inouï, faisant de l’Angleterre le centre d’une planète rock en pleine ébullition et bouleversant profondément la musique américaine.

Mais il enfantera aussi, plus tard, de nouvelles « invasions » anglaises, avec des groupes qui n’ont rien à voir avec leurs aînés, comme les Spice Girls…
 

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