Rocco, une plongée dans le monde fantasmé de la pornographie

En suivant la plus grande star du cinéma X au monde, ce n’est pas seulement un portrait intime de Rocco Siffredi qu’ont brossé Thierry Demaizière et Alban Teurlai : c’est aussi une évocation d’un univers à part sur lequel on a beaucoup d'idées préconçues.
Posté par Création Documentaire

Il y a des plateaux, des caméras, des acteurs, des techniciens, ça ressemble à du cinéma traditionnel… mais c’est un tout autre univers.

Dans Rocco, l'industrie pornographique apparaît sans fard dans tout ce qu’elle a de cru, burlesque, particulier, drôle, glauque, avec ses bons et ses mauvais côtés.
 

On s’aperçoit immédiatement qu’il s’agit d’un milieu de passionnés, où l’appât du gain ne prime pas forcément.

Avec des actrices ravies de travailler aux côtés de la légende Rocco (« Je vais être tellement surexcitée que je risque de m’évanouir », prophétise une Américaine), mais soumises à une rude concurrence, avec des castings féroces.

Avec des tournages au cours lesquels on s’amuse beaucoup (« Quelle scène, putain ! »), mais avec des conditions de travail difficiles, où il faut énormément donner de sa personne. 
 

Et avec des professionnels qui aiment sincèrement ce qu’ils font.

Il n’y a qu’à voir le soin maniaque qu’apporte Gabriele (à droite sur la photo ci-dessus), le cousin de Rocco Siffredi (et son réalisateur fétiche), dans tout ce qu’il entreprend, jusqu’au choix de la lingerie de ses personnages (« Le bleu, ça te va bien »), pour s’en convaincre.

De la passion qui implique forcément son lot d’ego froissés, d’engueulades d’anthologie et de divergences artistiques. 
 

Encore une fois, mention spéciale à l’impayable Gabriele (la vraie star du film, c’est lui), qui veut toujours monter d’ambitieux péplum hollywoodiens avec force accessoires et décors, alors que Rocco veut juste boucler la scène le plus vite possible… « Gaby, commence pas à nous les briser avec tes conneries ! » 
 

L’occasion de se rendre compte des conditions de production des films pour adultes, avec des scénarios branlants qui se négocient âprement à l’oral et évoluent au fur et à mesure du tournage.

Avec un côté amateur assez comique qui domine toujours (ah, les réalisateurs qui laissent les caches sur l’objectif…). 
 

Une évocation tout en nuances d’un monde méconnu et largement fantasmé, que les réalisateurs ne cherchent jamais à glamouriser. 

Rocco, Film Documentaire, à voir dès maintenant sur myCANAL.