Reste-il une culture reggae en Jamaïque ?

Le reggae est-il devenu un simple attrape-touristes ? Les Zozos, qui partent sur les traces de la musique popularisée par Bob Marley à l’endroit même où elle est née, vont bien vite le découvrir.
Posté par Création Décalée

Au cours de leurs pérégrinations jamaïcaines, les trois Zozos découvrent que la culture du reggae, né à la fin des années 60 sur l’île des Caraïbes, est encore présente à tous les coins de rue.

Mais pas forcément de la manière la plus « pure » : impossible de faire trois pas sans croiser un gift shop débordant de bonnets à dreadlocks intégrés…
 

Ce qui ne manque pas faire rire les Zozos, tout comme la maison-musée Bob Marley, à Nine Miles, Kingston, restée dans son jus.

Quoi que… (« Ça n’a aucun sens, il ne dormait pas dans une couette avec sa tête à 30 ans dessus », fait très justement remarquer Julien Cazarre).

Fierté nationale classée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, la musique qu’il a fait connaître au monde entier est encore écoutée partout sur l’île. 
 

Mais pour retrouver l’essence de la culture reggae, mieux vaut s’éloigner des sentiers battus. Ce son, directement héritier du rocksteady et fruit de nombreux métissages (ska, mento et même polka, rhythm and blues, jazz, soul…), continue de rythmer la vie jamaïcaine.

Surtout en son cœur battant : le quartier sud de Trenchtown, berceau du reggae où ont grandi Peter Tosh ou Burning Spear. 
 

Certaines rues portent des noms d’artistes : Wailers Ave., Maytals Cr., Bob Marley Blvd… Pourtant, l’endroit n’est pas du tout touristique : c’est même l’un des plus dangereux de Kingston.

Mais le reggae y est encore érigé en mode de vie, sortant des sound-systems ou d’un jam entre voisins, représenté sur les bus peints ou les fresques de rue à la gloire des stars du reggae...

Bob Marley y est considéré comme un héros, au même titre que Marcus Garvey.
 

Outre les habitants, il existe d’autres gardiens du temple.

Comme Winston McAnuff (photo), un vieux briscard de la scène qui connaît actuellement une belle carrière (notamment en France), et qui aide les Zozos à enregistrer leur tube de l’été avec ses musiciens chevronnés, dans un studio à l’ancienne où il a produit de nombreux artistes de toutes les générations (même si « on les connaît pas tous tous », « ah moi je ne les connais tous pas tous »).

De quoi inspirer les Zozos, qui, quelque part, apportent eux aussi leur pierre à un édifice reggae toujours bien vivace.
 

Les Zozos migrateurs en Jamaïque, Création Décalée, à voir à partir du 6 mai sur CANAL+ Décalé et myCANAL.