Racisme dans le foot : un documentaire (hélas) plus que jamais d’actualité
Les récents scandales le prouvent : on n’en a toujours pas fini avec les délits de sale gueule sur les terrains. Voici pourquoi le documentaire coup de poing « Je ne suis pas un singe » peut nous aider à avancer.
Posté par Création Documentaire

En 1989, Joseph-Antoine Bell, gardien de Bordeaux, était accueilli au Vélodrome de Marseille par des supporters qui y avaient planqué des centaines de bananes. Un scandale qui révéla la montée du racisme dans les stades français.

Trente ans plus tard, si peu a changé… Pire : depuis la fin du tournage du documentaire d’Olivier Dacourt (ancien footballeur pro) et Marc Sauvourel, les actes racistes se sont succédé. Jets de bananes, cris de singe… Pierre-Emerick Aubameyang (Arsenal), Aldo Kalulu (FC Bâle) ou encore Renée Hector (Tottenham) en ont récemment fait les frais.
 

Le documentaire ne se contente pas d’aligner les témoignages édifiants de joueurs, mais se demande pourquoi on en est encore là.

Il donne la parole à toutes les parties (dont un supporter italien néo-fasciste), qui dessinent un tableau complexe de ce vaste problème.

L’ex-international français Patrick Vieira s’interroge : pourquoi l’UEFA et la FIFA n’agissent-elles pas davantage ? Gianni Infantino, le président de la FIFA, apporte une réponse certes policée mais contrastée, insistant sur l’importance d’éduquer les supporters. 
 

Les joueurs ont aussi des pistes. Pour Joseph-Antoine Bell, il faudrait que toute l’équipe quitte le terrain en cas d’actes racistes. Pareil pour Samuel Eto’o, qui évoque les retombées financières qu’un tel boycott engendrerait, seules capables de faire changer les choses, selon lui. 
 

Le film aborde aussi la responsabilité des médias. Ceux d’hier (avec un reportage de Téléfoot de 1988, surréaliste, montrant les joueurs noirs du FC Nantes descendant d’un arbre sur « Noir c’est noir » de Johnny) et d’aujourd’hui, pas à l’abri de dérapages.

Comme on a parfois pu le constater lors de la dernière Coupe du monde.
 

Je ne suis pas un singe montre plus globalement un système tout entier qu’il faudrait repenser, avec des entraîneurs noirs quasiment inexistants. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Olivier Dacourt se veut cependant optimiste. Combatif, il emprunte les mots de James Baldwin : « On ne peut pas changer tout ce qu’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas. »
 

Je ne suis pas un singe, le racisme dans le football, documentaire, 90 min, à voir sur myCANAL.