Quand le cinéma est dans la Lune

Si les films racontant la conquête de la Lune sont légion, ceux s’intéressant à cet objet céleste par un autre prisme ne manquent pas non plus. Tour d’horizon avant le cycle La tête dans la Lune, le 10 juillet sur CANAL+.

Les rêves lunaires au cinéma ? Ils datent du… XIXe siècle. Avant même son Voyage dans la Lune (1902), Georges Méliès imaginait déjà, en 1898, le court-métrage La Lune à un mètre, avec notre satellite naturel prompt à croquer les hommes, visage grimaçant, dans un trucage fantaisiste… 

Même poésie chez Fritz Lang pour le long-métrage muet La Femme sur la Lune. Mais il a fallu attendre 1929 pour qu’on ose de nouveau s’y aventurer, car entre Méliès et Lang, si peu, à part Les Premiers Hommes dans la Lune (1919), une adaptation de H.G. Wells depuis perdue.

Chez Lang, un scientifique, ayant découvert qu’il y avait de l’or sur la Lune, décida d’emmener une équipe. Le prétexte d’une romance spatiale… Ses belles images inspirèrent le film américain Destination… Lune ! d’Irving Pichel (1950).

Dans cette « hard science-fiction » (un genre dans lequel les technologies sont plutôt en adéquation avec leur époque) prophétique, les astronautes, en scaphandres et combinaisons orange à boudins, utilisent la propulsion nucléaire.

Ça ne vous rappelle rien ? Oui, c’est exactement comme chez Hergé, qui s’en est inspiré.
 

Mais par la suite, avec la guerre froide, le sujet devient sensible.

On préfère réaliser des films moins réalistes, comme des adaptations de Jules Verne (De la Terre à la Lune de Byron Haskin, 1958) ou Wells.

Parmi elles, un savoureux remake de Les Premiers Hommes dans la Lune (Nathan Juran, 1964), avec des humanoïdes insectiformes et de délirants effets spéciaux du maestro Ray Harryhausen (Jason et les argonautes, c’est lui)…

Les réalisateurs de cinéma bis s’en donnent aussi à cœur joie : Cat Women on the Moon (1953), Nude on the Moon (1961) et ses Sélénites peu vêtues…

Terry Gilliam, avec ses Aventures du baron de Münchhausen (1988), n’est pas plus sérieux, son baron arrivant sur la Lune dans un ballon et séduisant la reine locale.
 

Tout le contraire de Kubrick dans 2001, l'odyssée de l’espace (1968), dans lequel un monolithe noir se trouve sur la Lune.

Après un tel sommet, difficile pour ses successeurs de s’attaquer de nouveau au genre : il faudra sans cesse qu’ils se démarquent du conte métaphysique de l’Américain ou au contraire, qu’ils s’y réfèrent, comme Duncan Jones (le fils de Bowie) dans l’inquiétant Moon (2009).

Pas de quoi effrayer Wallace et Gromit : pour eux, qui s’y rendent dès 1989, la Lune n’est rien d’autre que du fromage…
 

Nuit La tête dans la lune, avec la Création Documentaire 8 jours, de la Terre à la Lune réalisée par Anthony Philipson, une coproduction BBC/PBS et CANAL+, en première partie de soirée, le 10 juillet sur CANAL+.