Pourquoi le reste du monde pense-t-il que nous vivons comme nos grands-parents ?

Posté par Création Documentaire
Dans le documentaire French Loving (à voir à partir du 17 avril), on se rend compte que les touristes ont une vision complètement idéalisée de Paris : ils adorent la France… d’avant les années 50. Mais on ne peut pas vraiment leur en vouloir.

C’est un mal qui pourrait prêter à sourire… En arrivant dans la capitale, rêvant d’une farandole de pâtisseries fines, de rencontres avec des jeunes gens sortis d’un défilé haute couture et d’une succession de paysages de carte postale, les étrangers déchantent. 
 

Un grand nombre pensent que toute la ville ressemble à un Montmartre intemporel, avec des œuvres d’art à chaque coin de rue et de sympathiques joueurs d’accordéon.

Ils découvrent une ville bruyante et animée, pleine de garçons de café hostiles et de Parisiens agressifs. Et comprennent alors que Paris est une vraie ville … 
 

Cette désillusion terrible, souvent expérimentée par les touristes japonais, on l’appelle le syndrome de Paris.

Si les visiteurs étrangers en général ont cette vision fantasmée de Paris, c’est qu’ils ont été abreuvés depuis toujours d’images d’Épinal, comme le montre French Loving.
 

Les films français qui ont le plus marqué les étrangers ? La Môme (pour lequel Marion Cotillard a eu l’Oscar de la meilleure actrice), The Artist (avec un Jean Dujardin aussi Oscarisé) et bien sûr Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, avec son Montmartre en forme de village idyllique.

Sans oublier Moulin Rouge! et son Paris Belle Époque version Baz Luhrman… Bref, que des films ancrés dans un passé souvent fantasmé. 
 

Et tout est à l’avenant : quand ils pensent à nous, les étrangers ont souvent en tête des figures disparues comme Saint Laurent ou Coco Chanel, imaginant sans doute croiser Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir gober des escargots à la terrasse du Café de Flore, s’encanailler avec la bohème au Lapin Agile ou voir La Goulue au Moulin Rouge !

Même leur vision de notre gastronomie est confite dans la naphtaline. 
 

La faute aux films donc, aux tour opérators, et à un peu tout le monde, qui relaie cette image.

Comme le présentateur britannique John Oliver, au lendemain des attentats de 2015, qui se lance dans une déclaration passionnée, évoquant nos « Gauloises, Camus, camembert, (…) and the fucking croque-en-bouche » (pièce montée).

Une vision bien passéiste de la France… Qui a toutefois le mérite d’être positive.
 

French Loving, Création Documentaire, le 17 avril sur CANAL+ et myCANAL.