Parler couramment québécois : le mode d’emploi des Zozos migrateurs

Les Zozos, dans leur road trip au Québec, et plus particulièrement Thomas Séraphine, essaient de parler le français québécois (ce qu’il réussit d’ailleurs brillamment à faire). Voici ses techniques.

Le français version québécois ? Ce n’est pas une mince affaire, et il ne suffit pas de dire « autophoto » au lieu de « selfie » et de lâcher régulièrement des « tabernacle ! », « hostie de calice » et « sacrement » pour vous faire passer pour un natif.

Ce n’est pas pour rien que les films de Xavier Dolan (ou Les Têtes à claques) sont sous-titrés…

Dans Mommy, le réalisateur fait honneur au « joual », une sorte d’argot de la région de Montréal, très fleuri, réservé aux seuls initiés (même si le sien, très brut, est en partie inventé). 
 

Les Zozos, eux, tentent au contraire de se fondre dans la masse au Québec, en parlant un québécois le plus pur possible. Pour ça, pas de secret : il faut d’abord pratiquer à l’ancienne, en travaillant son accent.

« Imaginez qu’un ballon de basket-baôôôl rebondit dans votre bouche », conseille la méthode audio utilisée par nos aventuriers, qui recommande également de contracter les mots au maximum, et de lancer des « tssss » partout. 
 

« Tu sais » devient par exemple « tsé » (mais si c’est une question, ce sera « tu sais-tu ? »), « tu es parti », « tsu es partsi », « il », « y », et « elle », « a ».

Ne pas oublier les chuintements : etc. deviendra « etchétéra »

Mais ce qui est délicat, c’est surtout que rien ne se prononce pareil. Il faut remplacer les « a » par des « o » (« chais po » voire « chpo »), les « o » par « o-ou », les « oir » par « oèr » (« tsu vas voèr »)… 

Jusqu’ici, tout va bien ? Dans la pratique, ça se complique. Surtout quand il s’agit de questions de vocabulaire. Pour ne pas commettre d’impairs (pas comme les Zozos…) et pour passer pour un vrai Québécois, utiliser des expressions typiques est très recommandé.

Dire « nous autres » à la place de « nous », « niaiser » pour « se moquer », « piasse » pour « dollar », utiliser « écœurant » (qui peut être positif comme négatif à Montréal) à bon escient… Autant de petites choses qui feront la différence. 
 

Et surtout, ne pas hésiter à en faire des caisses au début. « J’ai l’impression d’avoir le ballon de basket qui rebondit dans la tête, et pas juste dans la bouche » fait remarquer Thomas Séraphine : plus on parle fort, plus c’est crédible.

Il n’y a plus qu’à s’entraîner à parler… ou plutôt jaser !
 

Les Zozos migrateurs au Québec, Création Décalée, 60 minutes, le 24 juin sur CANAL+ Décalé.