La conquête de l'espace, un genre cinématographique à part entière

Loin des films de science-fiction fantaisistes, la Création Documentaire 8 Jours, de la Terre à la Lune (à voir le 10 juillet sur CANAL+) s’inscrit dans la lignée de films et séries réalistes consacrés à la ruée vers l'espace.

La conquête spatiale, grande aventure du XXe siècle, a naturellement inspiré les artistes.

Dès 1902, Georges Méliès, pionnier de la science-fiction, envoyait depuis son studio de Montreuil des explorateurs à la rencontre des Sélénites dans Le Voyage dans la Lune, inspiré de Jules Verne.

Une féérie baroque aux effets spéciaux succulents, fourmillant d’innovations techniques, qui restera inégalée. 
 

Mais certains de ses successeurs tenteront de coller davantage à la réalité.

Comme Philip Kaufman dans L’Étoffe des héros. Et pour cause : ce film de 1983 au souffle épique est adapté de l’essai best-seller de Tom Wolfe, inventeur du Nouveau Journalisme, paru quelques années plus tôt.

À hauteur d’homme, il s’attache à raconter les exploits des premiers astronautes du programme Mercury, qui visait à envoyer un Américain dans l’espace.

Sur fond de guerre froide, on voit ces intrépides idoles se débattre entre leurs peurs et leurs déceptions, et ce n’est souvent pas triste à regarder… 
 

Ce qu’on ne voit pas en revanche, ce sont les mathématiciennes noires qui calculaient leurs trajectoires sans faire de vagues : leur passionnante histoire, méconnue, est à voir dans Les Figures de l’ombre (Theodore Melfi, 2016).

Si les choses s’y déroulent sans encombre, ce n’est pas le cas dans Apollo 13 (Ron Howard, 1995).

Coécrit par Jim Lovell, le commandant de la mission d’avril 1970 (joué par Tom Hanks), ce film catastrophe retrace assez fidèlement l’histoire de trois astronautes qui devaient se poser sur la Lune mais qui n’ont pas eu le temps de l’atteindre, à cause de l’explosion d’un réservoir à oxygène.

C’est de là dont vient le fameux « Houston, we have a problem »… 
 

Un autre qui a des problèmes, un peu avant ça, c’est Neil Armstrong, dans le biopic dramatique First Man de Damien Chazelle (2018).

Joué par Ryan Gosling, l’astronaute apparaît à la dérive, embarqué dans une mission insensément dangereuse et un entraînement éprouvant qui va le détruire à petits feux.

Ce qu’on voit d’ailleurs aussi dès le premier épisode de From the Earth to the Moon, dans lequel Armstrong se trouve en difficulté au cours de la mission Gemini 8. 
 

Dans cette mini-série HBO (diffusée à l’époque sur CANAL+), on retrouve Tom Hanks, qui narre les missions Apollo des années 60-70, des débuts de la course à l’espace entre États-Unis et URSS à la dernière mission Apollo 17, en 1972.

Un docu-fiction très complet qui permet de mieux comprendre les ambitions de John F. Kennedy et les enjeux de la conquête spatiale.

Tandis que 8 jours, de la Terre à la Lune suit la mission qui mènera les premiers hommes à marcher sur la Lune. Probablement une des productions qui permet de vivre la conquête de l’espace au plus près de ses acteurs.
 

Nuit La tête dans la lune, avec la Création Documentaire 8 jours, de la Terre à la Lune réalisée par Anthony Philipson, une coproduction BBC/PBS et CANAL+, en première partie de soirée, le 10 juillet sur CANAL+.