« Des petites femmes nues » à Jean Paul Gaultier, la sulfureuse histoire des Folies Bergère

Jean Paul Gaultier a réalisé son rêve : monter une revue dans le temple du music-hall. En attendant de voir le documentaire « Jean Paul Gaultier : Freak & Chic », dans les coulisses du spectacle, le 19 décembre sur CANAL+, on rembobine l’histoire des Folies Bergère.
Posté par Olympe Meissonnier

149 ans : c’est l’âge des Folies Bergère (nommées d’après la rue Bergère, non loin). Inaugurée en grande pompe en 1869, cette salle de spectacle de variétés du IXe arrondissement de Paris est l’une des plus belles du genre.

À la croisée du café-concert et du théâtre, elle accueille alors une clientèle interlope qui ne reste pas en place. Aux Folies, on fume, on boit, on va et vient du jardin d’hiver au « promenoir », on rencontre des prostituées… Une ambiance que Huysmans, Maupassant ou Manet (ci-dessous) ont très bien dépeinte.
 

À un moment, le propriétaire, Léon Sari, tente de programmer du classique. Échec total. Ruiné, il revend l’établissement à un couple de limonadiers marseillais. Ceux-ci engagent comme D.A. (oui, ça existait déjà au XIXe !) Édouard Marchand, qui vient d’épouser leur nièce.

Jackpot : ce visionnaire va mettre les Folies sur les rails. Il invente un nouveau genre de spectacle, la revue de music-hall, en 1886, qui mêle chant, danse, numéros divers et intermèdes comiques. Illusionnistes, charmeurs de serpents, tatoués ou briseurs de chaînes côtoient les vedettes du café concert ». C’est un succès. 

Mais en 1918, sous l’impulsion d’un nouveau directeur, Paul Derval, les « petites femmes nues » prennent de l’importance. C’est l’ère de la démesure, marquée par l’Art déco (la façade dorée est réalisée en 1926) et les Années folles. Joséphine Baker séduit le Tout-Paris. 
 

Plus tard, les frères Isola rachètent le théâtre et poursuivent l’œuvre d’Édouard Marchand. Au XXe siècle, ce sont Maurice Chevalier, Mistinguett, Fernandel ou Frank Sinatra qui tiennent le haut de l’affiche.

En 1974, Hélène Martini, la nouvelle patronne et « impératrice de la nuit », maintient la tradition du music-hall, qui se modernise au fil des ans.

Tout le monde joue aux Folies : Dalida, Elton John, Pierre Boulez, Herbie Hancock…
 

La salle négocie bien le tournant du nouveau millénaire, en accueillant notamment, de 2006 à 2008, la comédie musicale blockbuster de Sam Mendes, Cabaret. Elle sera vue par 350 000 spectateurs !

On souhaite le même succès au Fashion Freak Show de Jean Paul Gaultier, d’ores et déjà prolongé jusqu’au 10 mars…
 

Jean Paul Gaultier : Freak & Chic, Création Documentaire, 90 minutes, à voir dès le 19 décembre sur CANAL+ et myCANAL.