Basquiat et Warhol : deux artistes qui pouvaient se voir en peinture

Dans la fiction biographique Basquiat, visite privée, à découvrir dès le 3 avril sur CANAL+, apparaît une autre icône, un de celles qui ont le plus marqué le XXe siècle : Andy Warhol. Les deux hommes entretenaient des rapports tumultueux.
Posté par Création Documentaire

Ils ont tous les deux bouleversé l’art contemporain, chacun à leur manière.

Le premier, né en 1928, avec son personnage de prophète du pop art des années 60 et 70 à perruque d’argent en pétard, navigant entre underground et VIP, fut probablement l’artiste le plus important de son temps, incarnant l’époque comme personne. 
 

Le second, né en 1960, personnalité incandescente aux dreadlocks tout aussi ébouriffés, faisait également figure d’extraterrestre.

Seul peintre noir dans un monde de l’art new-yorkais exclusivement blanc, il passa des graffitis aux galeries, connaissant soudainement la célébrité avec ses toiles fougueuses. Mais cela ne suffit pas au « Radiant Child ». 
 

« Il veut la place de numéro 1. Pour cela, il veut la prendre à celui qui l’occupe depuis des décennies : Andy Warhol », comme l’explique Disiz, le narrateur de Basquiat, visite privée.

Les deux artistes ont le même agent. Basquiat rencontre son idole à la Factory en 1982, pose avec lui sur un Polaroid qu’il s’empresse de transposer en toile (Dos Cabezas, ci-dessous), aussitôt offerte au pape du pop.

C’est le début d’une amitié solide mais houleuse. « Basquiat trouve un père spirituel, Warhol un ami sincère. »
 

Au milieu des années 80, ils collaborent tant bien que mal. « Jean-Michel est tellement compliqué », écrira Warhol. Basquiat, lui, clamera qu’il a aidé son mentor à se remettre à la peinture.

Mais leur exposition commune de 1985 est un flop. Ce qui amène les deux hommes (ci-dessous au Studio 54, sur une photo de Ben Buchanan) à se brouiller, Basquiat ayant l’impression d’être la simple « mascotte » de son ami. On accuse même Warhol de l’exploiter et le manipuler. 
 

Les deux titans ne se réconcilieront jamais, au grand dam de Warhol, qui mourra le 22 février 1987 à 58 ans d’une crise cardiaque.

Très affecté et toujours aux prises avec ses démons, son jeune ami se renferme sur lui, produit peu. Il meurt d’une overdose un an et demi après son père spirituel, le 12 août 1988, à 27 ans.

De leur amitié, reste une centaine d’œuvres de sérigraphie et peinture (ci-dessous, Win $1,000,000, 1984), au pouvoir de fascination intact.
 

Basquiat visite privée, Création Décalée, à voir dès le 3 avril sur CANAL+ et myCANAL.