Pourquoi on aime Laure, l’(anti-)héroïne d’Engrenages

La capitaine d’Engrenages n’a pas que des qualités ? Oui, mais ça ne nous empêche pas d'apprécier pleins de fêlures. Au contraire.

Laure Berthaud (Caroline Proust), la capitaine écorchée d’Engrenages, n’est pas exactement un modèle à suivre que les instructeurs présentent en école de police.

N’en faisant qu’à sa tête, obstinée et fonceuse, elle peut sortir des clous si les besoins d’une enquête le justifient – ce qui arrive assez souvent, il faut bien le dire.

Petits arrangements, dissimulation de preuves et magouilles en tout genre : s’il devait y avoir des championnats de non-respect des procédures, nul doute qu’elle les remporterait haut la main, ex æquo avec son chéri Gilou.
 

À propos de sentiments, là non plus, la vie de la Parisienne solitaire ne ressemble pas vraiment à un long fleuve tranquille, et elle n’a jamais eu de chance avec les hommes.

Non seulement son amant Sami meurt à la fin de la saison 4, mais en plus, elle se retrouve enceinte et ne sait pas si l’enfant est de lui ou du commissaire Brémond… 
 

Par la suite, elle refusera l’aide de Gilles Escoffier (en le renvoyant méchamment dans les cordes), amoureux transi qui lui propose de l’aider à élever l’enfant.

Portée sur l’autodestruction, elle a bien du mal à se défaire de ses démons, et s’avérera incapable de s’occuper du bébé.

De manière générale, elle semble lutter en permanence, en en faisant voir de toutes les couleurs à ce pauvre Gilou, qui s’accroche malgré tout à cette relation amicale/amoureuse tumultueuse.
 

Mais, en dépit de ses défauts, impossible de ne pas être touché par Laure Berthaud. C’est avant tout une excellente flic, efficace et bosseuse, qui ne lâche jamais le morceau et sait se faire respecter.

Même si elle fait du « hors piste », ses méthodes ont fait leurs preuves.

Hors de question de bâcler une enquête : son boulot, c’est tout ce qu’elle a. Ça, et sa loyauté. La capitaine reste fidèle à ses valeurs. Même quand il s’agit d’aider Joséphine Karlsson, qui n’est pourtant pas sa meilleure amie.
 

Au fond, cette bagarreuse indépendante (et plus forte qu’on ne le croit) essaie simplement de faire du mieux qu’elle peut, et c’est aussi pour ça qu’on l’aime.

Comme avec sa petite fille, Romy, qui la terrifie bien plus que n’importe quel truand. Un sujet tabou peu traité par la fiction, qui nous émeut et ne fait qu’ajouter du mystère à ce personnage tourmenté et fascinant.
 

Engrenages saison 8, prochainement sur CANAL+.