Platane : pourquoi il faut revoir les deux premières saisons

De la Tour Montparnasse Infernale avec Ramzy Bedia aux films de Quentin Dupieux en passant par la série H, on ne présente plus Éric Judor et ses multiples talents d’auteur-acteur. La reprise prochaine sur CANAL+ de sa création Platane est un parfait prétexte pour se replonger dans ce qui a fait l’originalité et le succès des deux premières saisons diffusées en 2011 et 2013.
Parce que c’est hors-norme

Influencé par l’humour nord américain quelque part entre Will Ferrell et Louis C.K., Éric Judor révèle dès le premier épisode de Platane un sens du comique de l’absurde à la fois personnel et référencé, léger et irrévérencieux. La série casse les codes narratifs habituels, les transforme séquence après séquence rendant d’un coup dépassées toutes les tentatives antérieures de productions TV humoristiques françaises. Ce qui compte dans Platane n’est pas tant ce qui est raconté (résumer ce qui s’y passe relève franchement du challenge !) que la façon dont Judor et ses acolytes scénaristes l’imaginent et le façonnent avec une rare liberté créative. Des dialogues de sourds aux choix insolites de mise en scène, le public ne sait jamais trop dans quoi il s’engage et c’est justement cette confusion permanente, ce sentiment de sortir des rails traditionnels de la fiction qui soutient toute l’authenticité de la série.

Parce que c’est méta

Platane pourrait se décrire comme un univers télévisuel parallèle où Éric Judor réinvente sa vie d’artiste, allant de rencontres professionnelles désastreuses en tournages surréalistes, jonglant avec divers vrais-faux projets de films qu’il essaie de vendre au Tout-Paris. Dans une énergie folle et décomplexée, l’acteur n’hésite jamais à mettre en danger sa propre image médiatique, osant la satire du show-business made in France, dénonçant même au fil de saynètes répétitives la frilosité de certaines sociétés de productions obsédées par leurs scores au box-office ou encore l’égo surdimensionné des comédiens. Platane dévoile ainsi à sa façon les rouages du milieu du cinéma et de la télévision, à l’instar notamment de la série hollywoodienne Episodes avec Matt LeBlanc (le Joey de Friends) dont la posture quasi autobiographique n’est pas sans rappeler Éric Judor et son double de fiction.

Parce que tout le monde veut jouer dedans

Pour encore plus semer le trouble et décliner les clins d’œil et autres mises en abyme, Éric Judor invite de nombreuses personnalités du cinéma et des médias français à interpréter leurs propres rôles dans des situations improbables et hilarantes. Ainsi la première saison de Platane s’offrait les apparitions de Vincent Cassel, Monica Bellucci, Gilles Lelouche, Guillaume Canet, Clotilde Courau, Pierre Richard, Mathieu Amalric et même Alain De Greef tandis que la seconde faisait intervenir Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, Yann Barthès, Gérard Lanvin et Michel Drucker.

Éric Judor avait confié à la presse avant le tournage de al saison 3 qu’il souhaitait même y faire jouer Dwayne « The Rock » Johnson... Tout un programme. 

 

Pour rappel voici ce qu'on sait sur la troisième saison : 

Nous retrouvons Éric Judor quelques années plus tard. Sa vie personnelle et son ambition professionnelle se sont volatilisées et les jobs de réalisateur de pubs qu’il accepte désormais sont purement alimentaires.

En plus, Éric est persuadé d’avoir la poisse à cause d’un terrible secret, inavouable. Pour devenir un homme meilleur, il part vivre une intense expérience shamanique en Amérique du Sud.

Et, effectivement, il devient un homme nouveau. Pas forcément meilleur, mais différent. Différent chelou. Et c’est cet homme qui va s’atteler à monter le projet artistique le plus bienveillant du monde. Enfin, c’est ce qu’il croit dans sa tête. Et c’est poursuivi par des Coréens, Flex et un chien qu’Éric entamera son voyage initiatique qui l’emmènera d’Amérique à Antony en passant par… le Vatican.

Platane, saison 3, prochainement sur CANAL+ et myCANAL.