Les Sauvages : Amira Casar, l'actrice qui vise toujours juste

Dans Les Sauvages, elle interprète une première dame qui n’a rien d’une « femme trophée ». Là où on ne l’attend pas. Amira Casar est définitivement une actrice qui a construit sa carrière avec des choix éclectiques et pointus toujours éclairés.

Repérée par Helmut Newton, la jeune Amira, née en 1971 d’un père kurde et d’une mère russe, qui travaille pour Gaultier ou Chanel, aurait pu mener une longue carrière de mannequin. Mais elle sent bien, malgré son attrait pour la mode, que sa vocation est ailleurs.

À 18 ans, « à la conquête de la langue française », elle intègre le cours Florent, puis le Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. 

Après un rôle principal dans Ainsi soient-elles (1995) de Patrick Alessandrin et Lisa Azuelos, qui explore le désir féminin, le public la découvre dans La vérité si je mens ! (Thomas Gilou, 1997), courtisée par Eddie (Richard Anconina).

Ce qui lui vaut une nomination au César du meilleur espoir féminin. Et de jouer dans d’autres comédies, notamment Le Derrière de Valérie Lemercier ou une des Filles perdues, cheveux gras, avec Marina Foïs et Olivia Bonamy (Claude Duty, 2002). 

Mais c’est surtout dans le cinéma d’auteur que l’actrice, amoureuse de culture et polyglotte, impressionne, mettant à profit sa formation au Conservatoire et son « visage de tragédienne », laissant libre court à sa fantaisie.

Il faut voir sa performance dans le sulfureux Anatomie de l’enfer de Catherine Breillat en 2004, face à Rocco Siffredi : beaucoup ne s’y seraient pas risquées (« Les gens ont focalisé sur le fait que j’ai accepté de jouer nue. Mais je me sentais parée par le texte : ça change tout. »)

La même année, on la retrouve chez les frères Larrieu dans l’hédoniste Peindre ou faire l’amour, et peu après, chez Tony Gatlif dans Transylvania, avec Asia Argento, Un road-movie semi-improvisé, et un de ses rôles les plus forts.

La suite de sa carrière est à l’avenant, la comédienne ne s’interdisant rien, entre théâtre avec Olivier Py, comédies, thrillers, biopic classieux (Saint Laurent de Bertrand Bonello) ou récit initiatique sensuel (c'est la mère de Timothée Chalamet dans Call Me By Your Name de Luca Guadagnino, qui la juge « jamais banale »).

Incontournable de la Création Originale CANAL+ (elle est Béatrice, la veuve désargentée et manipulatrice de Versailles), Amira Casar a déjà tourné avec Rebecca Zlotowski, réalisatrice des Sauvages.

Il s’agissait du film Planetarium (2016), avec Natalie Portman et Lily-Rose Depp, mettant en scène deux médiums. Nul doute que pour mener sa carrière aussi librement, la comédienne doit elle aussi posséder une sacrée intuition.

Les Sauvages, la nouvelle Création Originale CANAL+, le 23 septembre sur CANAL+ et myCANAL.