Jacques Audiard, un réalisateur d’exception pour Le Bureau des légendes

Le réalisateur, maintes fois récompensé pour ses œuvres cinématographiques, prend les commandes d'une partie de cette cinquième saison du Bureau.

Éric Rochant, qui imagine les aventures de Malotru, Phénomène, Moule à gaufres ou Pépé et Mémé à la DGSE depuis le début de la série, en 2015, va laisser son fauteuil de showrunner pour les deux derniers épisodes de la saison 5 à un autre cinéaste, qui se chargera également de la réalisation, et pas des moindres : Jacques Audiard.

Ce spécialiste du cinéma de genre devrait se trouver comme un poisson dans l’eau dans les couloirs feutrés de « Mortier », comme on appelle la maison. 
 

Parce que l’univers des truands, du noir, du policier, c’est celui dans lequel évolue Audiard fils depuis ses débuts, lui qui commença sa carrière comme assistant monteur chez Roman Polanski, avec Le Locataire (1976).

Son premier film, Regarde les hommes tomber (César de la meilleure première œuvre en 1995), met déjà en scène des escrocs, et déjà Mathieu Kassovitz, avec qui il collaborera de nouveau par la suite.

Une veine qu’il continuera de creuser, par exemple dans Sur mes lèvres (2001), un polar fébrile acclamé par la critique qui a obtenu trois César, dans lequel une secrétaire sourde et effacée (Emmanuelle Devos) va aider un ancien délinquant (Vincent Cassel), aussi cabossé qu’elle…
 

Mais c’est De battre mon cœur s’est arrêté qui le révèle au grand public, en 2005. Un thriller puissant en forme de combat de boxe avec Romain Duris en pianiste pourri, Niels Arestrup et encore Emmanuelle Devos, sur fond de magouilles immobilières.

Quatre ans plus tard, Un prophète, une plongée suffocante et ultra maîtrisée dans l’univers carcéral, avec Tahar Rahim (dont c’est le premier rôle), impressionne tout autant. Il obtiendra le Grand Prix du jury à Cannes, et pas moins de neuf récompenses aux César…
 

Tout comme son film suivant, le mélodrame social De rouille et d’os (2012), avec Marion Cotillard en dresseuse d’orques estropiée.

Le social, il l’explore encore dans Dheepan, Palme d’or 2015, avec son histoire de réfugié tamoul à Paris, entre violence et onirisme.

Ce réalisateur virtuose, qui sait conjuguer comme personne films de genre exigeants et attentes du grand public (il n’y a qu’à voir son dernier western, Les Frères Sisters, pour s’en convaincre), devrait donc être tout à fait à sa place dans le sombre Bureau des légendes, avec ses huiles, ses gros méchants et ses machinations. Le tournage a déjà commencé…
 

Le Bureau des légendes, Création Originale, saison 5, prochainement sur CANAL+.