Willem Dafoe, une gueule de cinéma aux rôles complètement barrés

L’Américain, présent à Cannes dans Tommaso d’Abel Ferrara et The Lighthouse avec Robert Pattinson, fait le grand écart entre cinéma d’auteur et populaire, mais toujours dans des personnages marquants.
Posté par Jean François Frontera

Abonné aux rôles de méchants

Avec son physique considéré “singulier” (visage émacié, nez pincé, regard perçant et sourire carnassier), cet acteur venu du théâtre expérimental jouait déjà les bad boys dans un de ses premiers films, Les Prédateurs de Tony Scott (hors-compétition à Cannes en 1983), avec David Bowie, Catherine Deneuve et Susan Sarandon. Ce ne sera d’ailleurs pas son seul rôle de ghoule. En 2000, il incarne Max Schreck/Nosferatu dans L’Ombre du vampire d’E. Elias Merhige. De manière générale, les marginaux, ça le connaît, du faux-monnayeur allumé de Police fédérale Los Angeles (William Friedkin, 1985) au Bouffon vert de Spider-Man (Sam Raimi, 2002) en passant par le flippant Bobby Peru de Sailor et Lula (David Lynch, en compétition en 1990), avec Nicolas Cage et Laura Dern.

Des personnages dérangeants

En plus de ses partitions de méchants, le gentil sergent Elias de Platoon (Oliver Stone, 1986) inspire aussi des personnages sulfureux aux réalisateurs. À commencer par celui de Jésus dans La Dernière Tentation du Christ (Martin Scorsese, 1988), qui fit scandale. Ou de l’avocat adepte des jeux SM avec Madonna dans le thriller érotique Body (Uli Edel, 1993). Toujours au rayon stupre, citons sa participation dans le très explicite Nymphomaniac (Lars von Trier, 2013), dont rien que les affiches, montrant Charlotte Gainsbourg, Shia Labeouf ou Uma Thurman, en pleine jouissance, ont créé la polémique. Une peccadille comparée à celle provoquée plus tôt par l’extrêmement dérangeant Antichrist du même réalisateur (en sélection officielle à Cannes 2009), dans lequel Charlotte Gainsbourg lui fait vivre un enfer, et qui le lui rend bien.

Gentiment zinzin dans les films d’auteur

Loin des délires horrifiques, Dafoe, à l’aise partout, à Hollywood comme dans les films indé, a aussi eu des rôles simplement barrés, comiques, hors des sentiers battus. En 2005, il s’embarque ainsi dans l’improbable épopée de la “team Zissou” dans La Vie aquatique (Wes Anderson), emmenée par Bill Murray, dans le même bateau que Owen Wilson, Cate Blanchett ou Jeff Goldblum. Il reviendra chez Anderson, notamment en tueur dingo dans The Grand Budapest Hotel (2014). Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des rôles “sérieux”, comme dans Aviator (Scorsese, 2004) avec Leonardo DiCaprio, Inside Man : L'Homme de l'intérieur (Spike Lee, 2006), avec Denzel Washington et Jodie Foster, ou Pasolini d’Abel Ferrara (2014). Il retrouve en cette 72e édition ce dernier pour Tommaso (hors-compétition) et présente également l'horrifique The Lighthouse de Robert Eggers à la Quinzaine des réalisateurs. Deux films qui n’ont à voir, à l’image du très éclectique acteur, décidément doué dans tous les registres.

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