Vincent Cassel, une gueule de polar

Posté par Rosario Ligammari le 24 Juin 2019
Avec une filmographie riche parsemée de films secouants, Vincent Cassel a déployé son jeu énergique et tendu dans beaucoup de polars. Dans Fleuve Noir, il interprète le policier Visconti, un personnage à bout de souffle et à bout de nerfs. Encore une sacrée prouesse pour l'acteur caméléon.
Un acteur idéal pour le genre policier

Bien qu'elle se divise en différents genres, la fastueuse filmographie de Vincent Cassel regroupe un certain nombre de polars. Et cela est valable également si l'on prend en compte des drames qui peuvent aussi se voir, vu le haut niveau de tension qui en émane, comme des thrillers – de Sur mes lèvres (Jacques Audiard, 2001) à Irréversible (Gaspar Noé, 2002). Pour résumer : des films noirs. Parce que oui, le film noir colle à la peau de Vincent Cassel ; le genre lui va bien au teint. Regard perçant et cerné, traits tendus, mâchoire serrée, Vincent Cassel a une « gueule », de celle qu'on peut qualifier de « burinée ». Et un physique qu'il n'hésite d'ailleurs pas non plus à casser.

Flic ou voyou

Là où certains acteurs, avec leur visage menaçant, ont le rôle idéal de « méchant » (Woody Harrelson, Christopher Walken...), derrière ses cernes, Vincent Cassel est quant à lui plus difficile à cerner. Il a été tour à tour policier ou espion (Les Rivière Pourpres de Mathieu Kassovitz en 2000 ; Agents secrets de Frédéric Schoendoerffer en 2004) autant qu'il a pu s'illustrer dans des rôles de criminels ou autres figures impitoyables ( Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg en 2007 ; Trance de Danny Boyle en 2013).

Dans le polar, avec toute l’ambiguïté qui le caractérise, l'acteur a souvent campé des personnages qui s'affranchissent des frontières entre « le bien et le mal ». En effet, il a été un ancien détenu dans Sur mes lèvres (Jacques Audiard, 2001), il a incarné Jacques Mesrine dans le biopic en deux volets sur le braqueur star (L'instinct de survie et L'ennemi public n°1, Jean-François Richet, 2008) ou encore, dix ans plus tard avec le même réalisateur, il a joué l'ex-bagnard et futur chef de la police napoléonienne Vidocq (L'Empereur de Paris). Un vrai caméléon du film noir.

Une boule de nerfs

En plus de sa « gueule », Vincent Cassel est un acteur qui joue avec son physique : son expression corporelle est mise au service de personnages qui sont de purs boules de nerfs. Pour le bien-nommé Fleuve noir signé du rare et précieux Erick Zonca (quatre films en vingt ans) il partage l'affiche avec un Romain Duris froid et calculateur. Cassel incarne le commandant François Visconti (qui devait au départ être interprété par Gérard Depardieu, autre caméléon du cinéma). Il s'agit ici d'un homme cette fois-ci écorché au bout du rouleau, de ceux qu'affectionne le réalisateur de La vie rêvée des anges (1998). Une fois n'est pas coutume, Vincent Cassel y est aminci, barbu, chevelu, le pas traînant, la mine rongée par la solitude et le whisky.

On se souvient de Vinz dans La Haine qui répète devant le miroir « C'est à moi que tu parles ? » en hommage au « You Talkin' to me ? » de Robert De Niro dans Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976). Cette réplique – la plus connue de Vincent Cassel – est peut-être une piste pour résumer sa filmographie dans le domaine du polar : il est ce type à qui on évite de chercher des noises, qu'il soit finalement bon, brute ou truand. Ou même lessivé comme dans Fleuve noir.

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