Une Vie : Anthony Hopkins dans le rôle de sa vie
Anthony Hopkins incarne avec une grâce bouleversante Nicholas Winton, ce banquier londonien qui sauva 669 enfants juifs des griffes nazies. Une histoire vraie méconnue qui nous rappelle que l'héroïsme se cache parfois dans les gestes les plus silencieux. Et quel coup de maître pour James Hawes qui signe là son premier long-métrage !
L'héroïsme au quotidien
James Hawes nous plonge dans le Prague de 1938, une ville au bord du gouffre. Pas de grands discours ni de spectaculaire ici : le réalisateur choisit de montrer la mécanique implacable d'un sauvetage qui se joue dans les détails - un tampon par-ci, une signature par-là. C'est dans cette apparente banalité administrative que se niche toute la force du film. Le suspense naît d'une course contre la montre où chaque document arraché représente une vie sauvée.

Hopkins, magistral de sobriété
À 86 ans, Sir Anthony Hopkins nous offre l'une de ses plus belles compositions. Face à la caméra, il incarne ce héros qui n'en est pas un à ses yeux, avec une retenue qui en dit plus long que tous les monologues. Johnny Flynn, qui joue Winton jeune, apporte une énergie fébrile aux scènes de 1938, tandis qu'Helena Bonham Carter illumine chacune de ses apparitions. Mais c'est lors de la séquence finale, inspirée d'une véritable émission de télévision de 1988, que le film atteint des sommets d'émotion rarement égalés.

Une leçon d'humanité
Sans verser dans le piège de la comparaison avec La Liste de Schindler, Une Vie trace sa propre voie. L'horreur de la Shoah n'est jamais montrée, juste suggérée, et c'est peut-être là que réside toute la force du film : nous rappeler que face à l'indicible, il suffit parfois d'un homme ordinaire pour changer le cours de centaines de destins. Un film profondément humain, servi par une mise en scène épurée qui laisse toute la place à l'essentiel : l'espoir.



