Une deuxième Palme d'or pour Abdellatif Kechiche pour le second volet de Mektoub My Love ?

Posté par Rosario Ligammari le 20 Mai 2019
Avec Mektoub My Love: Intermezzo, deuxième volet d'une entreprise gargantuesque, Abdellatif Kechiche se retrouve en compétition pour la Palme d'or. Six ans après La Vie d'Adèle, son film-fleuve a-t-il des chances d'emporter le trophée ultime avec lui ?
L'après-Adèle

Abdellatif Kechiche est cas unique dans l'Histoire du Festival de Cannes. En 2013, son film La Vie d'Adèle a obtenu une triple Palme d'or, récompensant ainsi le réalisateur mais aussi les actrices Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. Pour rappel, La Vie d'Adèle comptait à peu près 750 heures de rushes pour un résultat de 3 heures. Après un tel projet, comment faire un film aussi – voire plus – ambitieux ? Il faut se souvenir que La Vie d'Adèle était suivi du sous-titre « Chapitre 1 et 2 », ce qui laissait présager une suite – qui n'aura finalement pas lieu. Avec sa seconde partie, Mektoub My Love, adapté de La Blessure, la vraie (François Bégaudeau, 2011) résonne en écho à cette idée de prolongement.

Tout Kechiche dans Mektoub My Love

Le premier volet intégrait littéralement « de la vie dans le cinéma ». Les séquences à première vue banales de la vie quotidienne (ici gorgée de soleil et de beauté) n'étaient là que pour faire jaillir des instants de grâce à l'état pur. Celles-ci s'étiraient sans limite ; le cinéma semblait alors s'effacer pour laisser la vie prendre le pas. Et l'on y retrouvait deux types de comédiens : d'un côté des acteurs non-professionnels (Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Lou Luttiau, Alexia Chardard...) ; de l'autre, des visages familiers comme Salim Kechiouche (déjà présent dans La Vie d'Adèle) et surtout Hafsia Herzi (révélée dans La Graine et le Mulet en 2007) – qui d'ailleurs présente à la Semaine de la critique Tu mérites un amour, son premier film en tant que réalisatrice. En somme, on était chez Kechiche. Avec Mektoub My Love : Intermezzo, on y sera sans doute tout autant. C'est l'essence de son cinéma et non pas concentré en un film mais en plusieurs. Et on ignore combien pour l'instant.

Plusieurs Mektoub My Love

Depuis longtemps, Kéchiche déclare vouloir faire évoluer le même personnage dans plusieurs de ses films. Sa rencontre avec Shaïn Boumedine pourrait bien concrétiser ses intentions. En effet, le réalisateur s'imagine tourner « dix films » avec son acteur désormais fétiche, jusqu'à ce que ce dernier ait « quarante-cinq ans ».

Mektoub My Love : Canto Uno était bien un chant : un hymne à la vie. De l'initiation à l'amour, de l'amitié, de la fête et du tourment, tout y était mais tout y était encore possible. Comme toujours avec Kechiche, il y est question de regard : le personnage principal, une sorte d'alter-ego du réalisateur qui ne fait pas du cinéma mais de la photographie, « regardait » davantage qu'il ne vivait. Dans le deuxième volet, on peut l'imaginer plus dans l'action que dans la contemplation. En réalité, peu d'informations ont filtré sur le contenu de Mektoub My Love : Intermezzo ; Hafzia Hersi a néanmoins mentionné le fait qu'il y aurait du « suspense ».

Quant à une deuxième Palme d'or pour Abdellatif Kechiche ? Là aussi, suspense.

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