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Tom Cruise a gagné une somme folle pour ce grand film de SF sorti il y a 20 ans

Adapté du roman de H.G. Wells, LA GUERRE DES MONDES réunissait en 2005 Steven Spielberg et Tom Cruise dans un blockbuster d’invasion sans super-héros, ni second degré. Vingt ans plus tard, ce film sous tension reste l’un des rôles les plus marquants de Cruise, et l’un des plus rentables de sa carrière.

LA GUERRE DES MONDES : 20 ans déjà

Sorti en juillet 2005, LA GUERRE DES MONDES n’est pas né d’un studio, mais d’un échange entre Steven Spielberg et Tom Cruise au moment de MINORITY REPORT. L’idée d’une relecture contemporaine du classique de Wells s’impose, avec un parti pris clair : filmer l’invasion extraterrestre à hauteur d’Hommes, avec toute la terreur et la surprise que cela engendre.

Ainsi, Tom Cruise incarne Ray Ferrier, un docker new-yorkais dépassé, contraint de fuir avec ses enfants après une attaque éclair. Aucun background militaire, ni grands discours : le film suit la panique à travers une cellule familiale dysfonctionnelle. Spielberg choisit un tournage nerveux, à la caméra mobile, avec de nombreux plans séquence et une photographie dé-saturée.

Tourné en 73 jours à peine, entre la Virginie et Los Angeles, le film repose sur un budget de 132 millions de dollars. Il en rapporte plus de 600 à sa sortie. 

Si Spielberg a toujours excellé dans l’imaginaire grand public, ce film tranche par sa noirceur et sa tension. Il n’y a pas de héros dans cette histoire, juste des civils désorientés, des foules en panique, et une cellule familiale dysfonctionnelle confrontée à l’effondrement. À travers Ray, père dépassé en quête de rédemption, LA GUERRE DES MONDES interroge aussi la figure paternelle, souvent centrale dans le cinéma du réalisateur.

Le film a aussi été largement lu comme une métaphore des traumatismes post-11 septembre : paysages dévastés, nuées de cendres, bunkers improvisés, milices civiles, perte de repères, et surtout, une Amérique qui vacille. Spielberg livre une œuvre angoissée, presque nihiliste, loin des récits de résistance collective : ici, il n’est question que de survie individuelle, face à une menace invisible et implacable.

Plusieurs séquences restent imprimées vingt ans après : les premières attaques sous l’orage, la scène de la cave avec Tim Robbins et Dakota Fanning effrayée, l’extraction du corps par la soucoupe… LA GUERRE DES MONDES impose un regard paranoïaque, tendu, presque documentaire. Spielberg y rejette l’ironie pour signer l’un de ses films les plus sombres.

Un salaire record pour Tom Cruise

En plus d'incarner le personnage principal, Tom Cruise co-produit le film avec sa société Cruise/Wagner. À l’époque, il négocie un contrat atypique : un salaire fixe relativement bas, mais un pourcentage élevé sur les recettes nettes du film. Résultat : il perçoit près de 100 millions de dollars, une somme rarement atteinte pour un film hors franchise.

Mais LA GUERRE DES MONDES marque surtout un tournant dans la stratégie de carrière de Tom Cruise. Ce modèle économique, qui associe participation directe et prise de risque, devient la norme pour ses projets suivants. Plutôt que de percevoir un salaire garanti, l’acteur mise sur sa propre rentabilité : il engage souvent sa société Cruise/Wagner, participe activement à la production (aussi pour des questions d'assurance lorsqu'il fait ses cascades) et négocie un pourcentage immédiat sur les recettes brutes, avant même que le studio ne rentre dans ses frais.

Cette méthode s’avère redoutablement efficace. Tom Cruise la reproduira sur la saga MISSION : IMPOSSIBLE et surtout TOP GUN : MAVERICK, où ses gains dépassent à nouveau les 100 millions de dollars. En acceptant de porter seul le risque financier, il en devient aussi le principal bénéficiaire en cas de succès.