The Room, Showgirls, Plan 9 from Outer Space... Pourquoi certains nanars deviennent-ils si cultes ?
À leur sortie en salle, ces films sont incendiés par la critique. Plus mauvais réalisateur du monde, échec commercial, scénario tiré par les cheveux... Et quelques années plus tard, on ne peut plus s’en passer. Mais qu’est-ce qui nous rend si accros ? CANAL+CINEMA propose une soirée avec 3 films et un doc inédit pour répondre à cette question samedi 26 janvier.
Posté par Stéphanie Chermont le 25 Janvier 2019
Des réalisateurs qui s’accrochent : le cas The Room

The Room, c'est l’exemple parfait du nanar devenu culte. Écrit, produit et réalisé par Tommy Wiseau, en 2003, le film est à sa sortie une véritable blague et il est d'ailleurs souvent cité comme l’un des plus mauvais films réalisés depuis l’existence du cinéma. Erreurs techniques, scénario ridicule, mauvais jeu d’acteurs, The Room coche toutes les cases du nanar par excellence. Mais s'il est devenu culte, et s'il est projeté aujourd’hui encore, c'est pour une raison bien précise et qui fend le cœur des cinéphiles : le film a coûté les six millions de dollars de la fortune personnelle de son réalisateur, Tommy Wiseau.

Même si l’objet cinématographique est d’un narcissisme aberrant, on ne peut que s’attacher à son réalisateur dont le rêve était d’être acteur. Il porte son film à bout de bras et il n’a rien lâché, jusqu’à tout perdre pour finir de le réaliser (une histoire à la Terry Gilliam, donc). Ce nanar est devenu culte qu'il sera par la suite adapté dans The Disaster Artist par James Franco, qui obtiendra un Golden Globe du meilleur acteur pour ce rôle... en faisant à nouveau la fortune de Tommy Wiseau. La boucle est bouclée.

Des critiques si négatives qu'elles rendent le public curieux

Paul Verhoeven, réalisateur de Showgirls, se souvient : « les critiques n’étaient pas seulement négatives. C’était une flambée d’agressivité et de haine. On en parlait comme du plus mauvais film jamais montré ».

En 1995, son film est assailli par les journalistes qui l’attaquent sur son scénario bidon, sa critique de la société vide de sens et sur sa réalisation vulgaire. Un nanar aux conséquences catastrophiques : l’actrice principale Elisabeth Berkley verra sa carrière brisée. Et pourtant, pour sa sortie vidéo, Showgirls a fait un carton. Paul Verhoeven parlera même d’un film passé de la « crucifixion à la résurrection ». Pourquoi ? Parce que le long-métrage, revu par les spectateurs, va devenir culte. Les critiques étaient si mauvaises que le réalisateur a fait les bénéfices d’une tendresse de la part de son public et son histoire tragique, à sa sortie en salle, a créé de l’empathie et de l’attachement de la part des spectateurs.

On peut mettre en parallèle le film Plan 9 from Outer Space d’Ed Wood. Qualifié de « plus mauvais réalisateur du monde », lui a connu des critiques atroces à sa sortie. Succession de scène fauchées, amalgames, acteurs mauvais...  et c'est là tout le génie du nanar : celui de Wood est si mauvais qu'il devient, vu sous un autre angle, excellent. 

Le cas de nombreux films

Et si on vous disait que Shining à sa sortie a été considéré comme un nanar ? Mais aussi Fight Club, Scarface ou encore Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin ? « Le cinglé Nicholson paraît encore plus bête qu’il ne l’est » écrira même Variety lors de la sortie du film de Kubrick. Et pourtant, le film est devenu une référence des cinéphiles. Est-ce que la catégorisation nanar serait finalement un mal pour un bien ? Une chose est sûre, il ne faut plus sous-estimer les films à première vue ridicules, leur potentiel à devenir cultes est immensément grand. 

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