Qui est la grande actrice britannique qu’idolâtre Léa Drucker ?
L'émission cinéma de CANAL+, Super Plan, a accueilli deux acteurs importants de la scène indépendante française : Grégory Gadebois et Léa Drucker, tous deux au cinéma en ce moment, respectivement avec JEAN VALJEAN et DOSSIER 137. L’occasion de confidences sur les personnages qu’ils choisissent d’interpréter.
Kate Winslet comme modèle
À l’affiche de DOSSIER 137 de Dominik Moll, dans le rôle de Stéphanie, une enquêtrice de l’IGPN, Léa Drucker s’est livrée avec franchise et émotion sur son travail d’actrice, son rapport à ses personnages, et la profondeur qu’elle cherche à donner à chacun d’eux. « C’est quelqu’un qui est tiraillée entre sa loyauté envers l’institution policière et qui est confrontée à des choses qui la secouent émotionnellement. » Il ne s’agit pas d’une première pour la comédienne puisqu’elle incarnait déjà une policière dans UN HOMME EN FUITE (2024) de Baptiste Debraux et LE MÉLANGE DES GENRES (2025) de Michel Leclerc. « Je pense que les policières sont intéressantes pour le cinéma car elles encaissent, doutent, font face à la violence, à la culpabilité… ».
Interrogée sur ses inspirations pour le rôle, Léa Drucker a évoqué Kate Winslet dnas MARE OF EASTTOWN : « Elle est vraie, elle est là, il n’y a pas d’artifices. » Un exemple qui cadre avec l’importance pour l’actrice française de faire dialoguer l’actrice et la citoyenne. « Mes choix de personnages correspondent sûrement à quelque chose que j’ai envie de raconter. Ça m’est plus facile de m’exprimer à travers les histoires, la fiction, que de prendre la parole ». Une analyse franche, très en phase avec la droiture des personnages qu’elle défend actuellement à l’écran.
« Jean Valjean, on ne le joue pas, on joue un homme qui sort du bagne. »
Invité aussi sur le plateau de SUPER PLAN, Grégory Gadebois a évoqué le rôle d’ampleur qu’il tient dans JEAN VALJEAN, adaptation de l’œuvre fondatrice de Victor Hugo par Éric Besnard. Une quatrième collaboration pour le cinéaste et son acteur fétiche, réunis autour d’une figure qui hante l’imaginaire collectif depuis plus d’un siècle. Dans ce film situé en 1815, Jean Valjean apparaît brisé par le bagne, rejeté par tous, condamné à errer sans but. Jusqu’à ce qu’un homme d’Église, sa sœur et leur servante lui offrent un refuge. Une scène qui marque le basculement intime du personnage : « Face à cette main tendue, Jean Valjean vacille et doit choisir qui il veut devenir », rappelle Antoine de Caunes.
Grégory Gadebois, figure respectée mais discrète du cinéma français, a précisé que pour aborder ce personnage, il lui avait voulu l’oublier. « Jean Valjean, on ne le joue pas, on joue un homme qui sort du bagne, sinon on est tétanisé ». Une façon de désacraliser le monument pour mieux l’habiter et d’évoquer la préparation du film, pendant laquelle Éric Besnard lui a proposé le rôle de l’évêque et du forçat. Le fait d’incarner Jean Valjean a conduit Gadebois à une réflexion sur la physicalité du personnage. « Il sort du bagne, il ne peut pas ressembler à une baleine. Pour moi, c’était un caillou au milieu des cailloux. » Et à la question de savoir ce qu’il a de Jean Valjean en lui, Gadebois a répondu dans un sourire timide : « La gentillesse ».
