Aller au contenu principalAller à la recherche

Quels nouveaux films à voir au cinéma la semaine du 27 mai 2026 ?

Cette semaine au cinéma, on a tout : Cannes continue son débarquement en salles avec Agnès Jaoui et le créateur de TRAIN TO BUSAN qui revient faire hurler. Quant à la maîtresse de cérémonie, on la retrouve en agente de la DGSE qui joue sa vie dans les Alpes et en bonus : Dustin Hoffman ressort son costume de grand du thriller. Quatre films, quatre univers, zéro temps mort.

L'OBJET DU DÉLIT

Vingt-deux ans après COMME UNE IMAGE, Prix du scénario à Cannes 2004, Agnès Jaoui revient derrière la caméra sur la Croisette. L'OBJET DU DÉLIT est présenté en Sélection Officielle Hors Compétition du 79ᵉ Festival de Cannes. Cette fois, Agnès Jaoui n'a pas écrit seule : elle a travaillé avec quatre dialoguistes dont son frère Laurent Jaoui pour la première fois depuis la disparition de Jean-Pierre Bacri. Un défi personnel autant qu'artistique.

Dans les coulisses d'une ambitieuse production des Noces de Figaro, une accusation d'agression sexuelle éclate et force chacun à prendre position. Le film interroge ce qui, depuis Beaumarchais jusqu'au mouvement #MeToo, n'a finalement pas changé : la domination, le silence, la peur de se tromper de camp. Agnès Jaoui situe l'action dans le monde de l'opéra précisément parce qu'il est « jusqu'ici peu touché par la vague MeToo », dit-elle, tout en portant en lui, avec les Noces de Figaro, « l'opéra le plus féministe de Mozart ».

Au casting, Daniel Auteuil , qui travaille pour la première fois avec Agnès Jaoui, incarne un chef d'orchestre « lâche et magnifiquement drôle » selon ses propres mots. Et puis il y a Eye Haïdara (la maîtresse de cérémonie de ce 79ᵉ Festival de Cannes) dans le rôle de Cora, une jeune chanteuse persuadée d'avoir été recrutée pour les quotas. Tourné en plein Luberon, dans les carrières de Lacoste, avec pour référence visuelle BARRY LINDON de Kubrick. Agnès Jaoui a même, pour la première fois, interprété elle-même le rôle de la Comtesse. « Je ne pouvais pas me priver de ça », confie-t-elle. On la comprend.

MATA

La Croisette il y a peu, les Alpes aujourd'hui. Eye Haïdara troque sa robe de maîtresse de cérémonie du 79ᵉ Festival de Cannes contre une tenue d'agente du service action de la DGSE. Blessée lors d'une opération clandestine au Niger, Mata rentre en France sans son compagnon Antoine capturé, disparu. Affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire, convaincue que ses supérieurs lui cachent des informations essentielles, elle se lance dans une course contre la montre dans les Alpes. Hors de tout cadre officiel, au risque de tout perdre.

Rachel Lang, officière de réserve de l'armée de Terre autant que cinéaste, signe un thriller d'espionnage nerveux qui revendique ses références : CONVERSATION SECRÈTE de Coppola, LES TROIS JOURS DU CONDOR de Pollack, ZERO DARK THIRTY de Bigelow et, côté séries, LE BUREAU DES LÉGENDES. Mais MATA fait quelque chose que le genre s'est rarement autorisé : il met une femme dans la position jouissive de l'agent secret ; pas la petite amie, pas la secrétaire. L'espionne elle-même.

Pour se glisser dans la peau de Mata, Eye Haïdara n'a pas seulement travaillé ses cascades et appris la langue des signes pour les scènes avec la filleule sourde de son personnage. Elle a aussi suivi, avec Raphaël Personnaz et Joséphine Japy, un stage clandestin de trois jours et trois nuits dans Paris. Une immersion grandeur nature dans les techniques des agents : culture du prétexte, dé-silhouettage, gestion de la paranoïa. Tous ont signé un document les empêchant de révéler ce qu'ils ont vécu. Rachel Lang, elle, confirme : « La paranoïa n'a pas quitté Eye pendant six à huit mois après le stage ». On la croit volontiers

COLONY

Il y a des noms qui font frissonner avant même d'avoir vu une image. Yeon Sang-ho est l'un d'eux. Dix ans après avoir réinventé le film de zombies avec TRAIN TO BUSAN, le réalisateur coréen revient avec COLONY sélectionné en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2026. La section la plus électrique du festival. Celle qui ne promet l'adrénaline.

Le pitch est redoutable : une conférence sur les biotechnologies à Séoul, un virus libéré, un immeuble bouclé. Sauf que les infectés évoluent. Les survivants réalisent qu'ils ne savent pas vraiment ce qu'ils affrontent. Face à eux, Jun Ji-hyun, icône absolue du cinéma coréen, aux côtés de Koo Kyo-hwan et Ji Chang-wook, deux visages familiers des meilleures séries coréennes. Depuis PARASITE, le cinéma coréen n'a plus rien à prouver en France.

LE VIRTUOSE

Daniel Roher, c'est l'homme qui a remporté l'Oscar et le BAFTA du meilleur documentaire en 2022 pour NAVALNY. Autant dire que quand il passe à la fiction, ça n'est pas anodin. Et LE VIRTUOSE est profondément personnel : après son Oscar, Roher a traversé une dépression créative sévère.. Ce film, c'est sa façon de s'en sortir.

Niki White est accordeur de piano. Il a l'oreille absolue et l'hyperacousie, une hypersensibilité douloureuse aux bruits, qui l'a contraint d'abandonner le piano. Lorsque son talent attire l'attention de criminels, il se retrouve entraîné dans une série de cambriolages de coffres-forts de plus en plus risqués.

Leo Woodall, révélé dans THE WHITE LOTUS et UN JOUR, incarne Niki. À ses côtés : Dustin Hoffman. Dustin Hoffman, c'est MIDNIGHT COWBOY, KRAMER CONTRE KRAMER, RAIN MAN ; deux Oscars, une carrière monumentale. LE VIRTUOSE, c'est son retour dans un vrai rôle de composition au sein d'un thriller, un registre qu'on ne lui avait plus vu depuis longtemps. Le duo qu'il forme avec Leo Woodall est un argument à lui seul.

Cannes en salles, une espionne qui court plus vite que son ombre, des zombies et une légende hollywoodienne de retour. Cette semaine, vous ne pourrez pas souffler. Et une seule certitude : ça se passe au cinéma.  Vous avez votre billet ?