Quand les monstres gigantesques accouchent de succès monstrueux

Posté par Rosario Ligammari le 17 Juin 2019
Au cinéma, les monstres grossissent à vue d'oeil, et les chiffres de fréquentation font de même. En eaux troubles, le film de requin le plus cher de l'Histoire, prend comme monstre le mégalodon, une créature de plus de vingt mètres. Le grand huit s'annonce vertigineux.
Monstres et compagnie

Le monstre est ancré dans la mythologie du cinéma. C'est un fait, quand il s'agit de mélanger le spectaculaire à l'horreur, la grande bestiole quelle qu'elle soit est le personnage anxiogène rêvé (ou plutôt cauchemardé). Des plus gros blockbusters à un certain cinéma bis avec les kaiju-eiga (les films de monstre japonais, d'où vient le célèbre Godzilla) jusqu'au cinéma d'auteur (The Host en 2006 réalisé par le tout frais palmé Bong Joon-Ho), la bête représente plus que le moteur d'un roller-coaster visuel : elle est une allégorie de l'homme qui veut dominer la nature, de la dégénérescence scientifique, de l'enfer... Les spectateurs adorent la grosse bête qui génère souvent des profits tout aussi important que sa taille.

Des bestioles gigantesques et des profits énormes

On ne compte plus toutes les adaptations de Godzilla ; les films qui se sont inspirés de Jurassic Park non plus ; pas plus que ceux encore qui ont singé King Kong. John Milius, l'un des scénaristes des Dents de la mer (Steven Spielberg, 1976), disait au sujet de Steven Spielberg et George Lucas qu'ils avaient apporté la preuve qu'il y avait « énormément d'argent à se faire en transformant les cinémas en parc d'attraction ». C'est juste. En totalisant soixante-sept millions d'entrées aux États-Unis, Les Dents de la mer lui-même a détrôné à son époque Le Parrain (Francis Ford Coppola, 1972) à la tête des plus gros succès, devenant historiquement le premier blockbuster du cinéma.

Si dans des kaiju-eiga, les acteurs ont pu endosser le costume de monstres, écrasant un décor en carton-pâte, l'image de synthèse a depuis fait sa révolution et ses merveilles. Les bêtes sont de plus en plus écrasantes et le résultat devient avec le temps de plus en plus estomaquant. En eaux troubles en est encore la preuve.

En eaux troubles : un monstre toujours plus impressionnant

En eaux troubles appartient à la catégorie des films de monstre, même encore plus spécifiquement au genre de film de monstres marins. Cette catégorie peut justement regrouper les précités Godzilla, Les Dents de la mer ou The Host, tout en y ajoutant Piranhas – celui de Joe Dante en 1978 autant que celui en 3D d'Alexandre Aja en 2010 – ou Instinct de survie (Jaume Collet-Serra, 2016), et tous ces films de requins qui filent le mal de mer.

En prenant le mégalodon, une créature disparue il y a plusieurs millions d'années, En eaux troubles rend hommage aux films qui ont avant lui érigé le squale en bête anxiogène et tueuse tout en lui donnant un aspect encore plus anxiogène. Pour faire face à ce géant de la mer, Jason Statham va devoir employer les grands moyens. Enfin, grands moyens, parlons-en : il s'agit du film de requin le plus cher, son budget est estimé à 150 millions de dollars. Une somme largement rentabilisée vu son excellente position au box-office au niveau mondial. Si les eaux de ce film sont troubles, le succès, lui, a été plus que clair.

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