Quand Jodie Foster enquête sur la VIE PRIVÉE de Virginie Efira
On n’avait jamais vue la grande actrice américaine dans un rôle pareil, qui plus est joué en français… Dans le nouveau film de Rebecca Zlotowski, la psy incarnée par Jodie Foster s’improvise détective après la mort d’une patiente
Une psy peut-elle chercher les causes de la mort de sa patiente ?
C’est une des distributions les plus alléchantes de l’année. Et l’occasion de voir pour la première fois l’actrice américaine Jodie Foster, connue pour parler un bon français grâce au cours d’école de son enfance à Los Angeles, tenir le premier rôle dans un film hexagonal.
Et ce, aux côtés de Daniel Auteuil, Virginie Efira, Mathieu Amalric et Vincent Lacoste. Avec, dans des rôles secondaires, les grandes Aurore Clément et Irène Jacob et même le documentariste Frederick Wiseman... C’est dire si le nouveau film de Rebecca Zlotowski, VIE PRIVEE, vise haut tout en gardant les pieds sur terre.
L’intrigue a tout d’un scénario d’un film d’Alfred Hitchcock puisqu’on y suit la vie faussement banale de Lilian Steiner une psychiatre reconnue dans sa profession. Lorsqu'un jour, Paula, l'une de ses patientes, cesse de se rendre aux rendez-vous qui sont programmés de longue date, la psy s'inquiète. Elle découvre alors que Paula est morte et décide d’enquêter sur ce décès soudain, persuadée qu'il cache un meurtre.
Avec comme meurtriers potentiels, la fille de Paula (Luana Bajrami) et son mari (Mathieu Amalric), qui eux-mêmes soupçonnent cette psychiatre un peu trop curieuse… L’histoire se complique encore un peu plus quand l’enquêtrice apprend que sa patiente venait d’hériter d’une grosse somme d’argent et que ses ordonnances étaient trafiquées… Après LES ENFANTS DES AUTRES, BELLE EPINE, UNE FILLE FACILE, la réalisatrice Rebecca Zlotowski continue de mettre en scène des héroïnes féminines hors du commun, des femmes fortes confrontées à des environnements qui les menacent.

Jodie Foster s’amuse à jouer les détectives à Paris
Et si VIE PRIVÉE, présenté lors de la dernière édition du festival de Cannes, flirte avec les grands classiques de l’enquête dans une atmosphère à la Agatha Christie, le film n’en oublie pas de se moquer de sa principale protagoniste.
Car dans le rôle de l’ex-mari et confident de Lilian, Daniel Auteuil s’en donne à cœur joie. Il observe l’œil circonspect les avancées de la détective improvisée et en vient à se demander si, à force de fouiller dans la vie de son ancienne patiente, elle ne devient pas folle à son tour. La bande-son elle-même avec l’emploi du titre « Psycho-Killer » des Talking Heads avec son refrain en français « Psycho-Killer, qu’est-ce que c’est ? » ajoute à cette ambiance angoissante.
Grâce à ce sens du détail, les spectateurs s’amusent au moins autant que les acteurs et Jodie Foster prend à l’évidence un immense plaisir à jouer les Hercule Poirot dans le pays qui l’a adoptée depuis un premier passage dans le cinéma français chez Claude Chabrol en 1984 dans LE SANG DES AUTRES.
