Pupille, un film touchant sur les étapes de l'adoption

Posté par Rosario Ligammari le 2 Septembre 2019
Quatre ans après Elle l'adore, Jeanne Herry se penche avec Pupille sur le thème de l'adoption. Le réalisatrice y décrit les différentes étapes à travers une série de personnages qui constituent une chaîne jusqu'à ce que le bébé se retrouve entre de bonnes mains. Un film à la fois instructif et humain.
Pupille : un film choral sur l'adoption

Alors qu'elle vient d'accoucher de Théo, Clara, une jeune étudiante, place son bébé dans un foyer d'adoption. Le nouveau-né est alors confié à un assistant familial, Jean (interprété par Gilles Lellouche, tout en délicatesse derrière l'apparence rigide), jusqu'à parvenir entre les mains d'Alice (Élodie Bouchez), une quadragénaire qui n'arrive pas à avoir d'enfant.

A travers le thème de l'adoption, Jeanne Herry compose un film choral dans lequel se forme une espèce de chaîne solidaire. Chaque personnage est en charge de préserver du mieux possible l'équilibre du nouveau-né, jusqu'à lui trouver une famille adoptive, ici une femme qui a de l'amour à revendre. Pour son deuxième long-métrage, la réalisatrice a donc écrit une série de personnages jamais secondaires ; au contraire, chacun a une importance qui n'est pas négligeable dans les étapes de l'adoption du bébé. Ainsi les actrices et les acteurs (en plus de ceux précités, on y voit Sandrine Kimberlain, Miou-Miou, Clotilde Mollet...) déploient une grande énergie et une sensibilité au service de cette pupille de l’État, et par conséquence au service du film.

Les coulisses des services d'aides sociales à l'enfance

Au cinéma, l'adoption est souvent traitée à partir du même point de départ : le parcours d'un enfant à la recherche de ses parents biologiques, à l'instar récemment du film Lion (Garth Davis, 2017), ce petit garçon indien de cinq ans qui est recueilli dans un orphelinat et est adopté par un couple d'Australiens ; en se posant la question « d'où je viens ? » le personnage part en quête de sa véritable identité. Dans un autre genre, le thème de l'adoption est sujet à des drames et autres complications comme c'est le cas avec la Palme d'or 1996 Secrets et Mensonges (Mike Leigh). Dans Pupille en revanche, il s'agit – et c'est plus rare – de s'immiscer dans les coulisses des services d'aides sociales à l'enfance.

L'équilibre entre la pédagogie et l'émotion

Pupille donne l'occasion idéale au spectateur de pénétrer dans un environnement où il n'a pas accès d'ordinaire, et par ailleurs d'en révéler les mécanismes et les rouages. Jeanne Herry a effectué un travail rigoureux d'investigation pour décrire avec précision les différentes étapes de l'adoption. Pupille se regarde alors aussi bien comme un documentaire instructif que comme une fiction émouvante. En cela, il rappelle le film Réparer les vivants (Katell Quillévéré, 2016) qui, quant à lui, montrait les étapes à accomplir en ce qui concerne le don d'organe. A travers les différents maillons de la chaîne, Pupille célèbre enfin l'énergie collective. Et délivre ainsi un film solaire et positif : les premiers contacts avec la vie se font alors moins dans les pleurs qu'avec des sourires.

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