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"Je n'étais pas prêt" Pourquoi Gilles Lellouche a mis 17 ans avant de pouvoir tourner l'Amour Ouf

Porté par la performance d'Adèle Exarchopoulos et François Civil, ce film StudioCanal a rencontré un succès phénoménal et offert le César du meilleur acteur dans un second rôle à Alain Chabat. Gilles Lellouche, réalisateur, revient sur la genèse de son second long-métrage.

Votre film est adapté d'un roman de Neville Thompson que vous avez découvert il y a dix-sept ans. Qu'est-ce qui vous a plu ?

''Ce qui m'a vraiment accroché, c'est l'histoire d'amour contrariée sur fond de lutte des classes, et cette époque qui me rappelait mon adolescence.''

 

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour le réaliser ?

''Je n’étais pas prêt. Il me fallait passer par des étapes avant de m’attaquer à ce projet très ambitieux. L'écriture me prend du temps. Quand je rédige, je dois y croire, et lorsque je relis, je dois toujours y croire. Les séquences doivent être tenaces, s'accrocher à moi comme des moules à leur rocher. Pour y parvenir, j'ai tendance à repartir en arrière, à revisiter, à réécrire…''

Comment décririez-vous vos choix de mise en scène ?

"Je portais ce projet en moi depuis si longtemps que j'avais déjà des images précises en tête. Lorsque Mallory Wanecque et Malik Frikah s'embrassent dans le champ de colza, je voulais retrouver l'atmosphère des champs que j'avais traversés en train. Des images tenaces étaient gravées en moi, comme celle d’Adèle éclairée par des phares dans la cabine téléphonique."

 

Au casting figurent beaucoup d'acteurs avec lesquels vous aviez déjà joué. Pourquoi ?

"J'avais eu énormément de plaisir à tourner Bac Nord avec François Civil, Karim Leklou et Adèle Exarchopoulos. Quant à Benoît Poelvoorde, il était évident qu'il ferait partie de ce film. Je lui dois beaucoup et c'est lui qui m'a fait découvrir le livre à l'origine du scénario. Je voulais aussi travailler avec Alain Chabat. J'ai le sentiment d'avoir sélectionné le meilleur casting possible."

Vous avez également choisi de jeunes acteurs…

J'ai auditionné beaucoup d’adolescents. Mallory Wanecque m'a impressionné par sa ressemblance avec Adèle et par son jeu intense et magnétique. Quant à Malik Frikah, sa façon de se mettre en situation a accroché mon regard.

 

Entre la réalisation et la comédie, est-ce que votre cœur balance ?

Ce qui m'anime dans la réalisation, c'est la prise de risque. Être acteur me plaît lorsque cela suscite de la peur. J'essaie de concilier ces deux facettes.

 

Article extrait du magazine des abonnés d'avril à lire ici

 

 

 

 

 

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