« Plus réaliste que Gravity » : pour Thomas Pesquet, ce film spatial sorti il y a 10 ans reste le plus crédible
Sorti en 2015, SEUL SUR MARS de Ridley Scott met en scène Matt Damon dans la peau d’un astronaute bloqué sur la planète rouge après une mission. Pour Thomas Pesquet, de nombreux éléments du film font qu’il demeure l’un des plus réalistes à ce jour. Il est dès à présent à (re)voir sur CINE+OCS.
SEUL SUR MARS : 10 ans déjà
Sorti en 2015, SEUL SUR MARS s’inscrit dans la veine des films spatiaux réalistes portés par les studios américains au début des années 2010, aux côtés de GRAVITY ou encore INTERSTELLAR. Ridley Scott adapte ici le roman d’Andy Weir, centré sur un astronaute laissé pour mort sur Mars après l’évacuation précipitée de son équipe.
Seul, sans contact avec la Terre, Mark Watney tente de survivre dans un module prévu pour un mois, avec des vivres limitées et aucun plan de retour. Le récit suit ses efforts pour prolonger son autonomie, cultiver des pommes de terre, produire de l’eau et établir une communication de fortune avec la NASA.
Le film alterne entre les séquences sur Mars (tournées en Jordanie), centrées sur Watney, et celles qui suivent la réaction des équipes au sol, à Houston comme au sein de la mission Hermes, déjà en route vers la Terre. Ce découpage permet de maintenir une dynamique de groupe malgré l’isolement du personnage principal. Le ton, souvent ironique, tranche avec l’approche dramatique des autres films catastrophe se déroulant dans l'espace.
Matt Damon, seul à l’écran pendant une large partie du film, s’empare du rôle avec une certaine légèreté. Le reste du casting s’appuie sur des visages familiers : Jessica Chastain en commandante, Chiwetel Ejiofor côté NASA, Michael Peña, Jeff Daniels ou Kristen Wiig dans des rôles secondaires.
Produit par la 20th Century Fox, SEUL SUR MARS connaît un large succès critique et public. Il dépasse les 600 millions de dollars au box-office mondial et reçoit sept nominations aux Oscars, dont Meilleur film et Meilleur acteur. Il remporte deux Golden Globes, dont celui du meilleur film de comédie.

Un film réaliste selon Thomas Pesquet
Parmi les nombreuses fictions consacrées à l’exploration spatiale, SEUL SUR MARS occupe une place à part pour Thomas Pesquet. L’astronaute français, qui a effectué deux missions à bord de la Station spatiale internationale, cite régulièrement le film de Ridley Scott comme l’un des plus crédibles du genre.
Interrogé par Le Point Pop en 2021, il déclarait : « Seul sur Mars est très réaliste. Plus que Gravity, par exemple, qui privilégiait les effets spéciaux et le rythme hollywoodien […] En revanche, dans celui de Ridley Scott, les technologies utilisées sont soit déjà existantes, soit identifiées comme primordiales et, à ce titre, étudiées par la Nasa et les autres agences spatiales. »
Le réalisme technique du film repose sur des éléments concrets : habitat pressurisé, cultures en milieu confiné, recyclage de l’eau, véhicules d’exploration. La plupart sont déjà testés par les agences spatiales, ou intégrés aux réflexions sur les futures missions habitées vers Mars. Thomas Pesquet note également la justesse du traitement des distances et des délais : « Les trajectoires spatiales et leur “lenteur” sont également bien rendues : des mois, voire des années, pour rejoindre Mars. »
Au-delà de la technique, c’est la posture mentale du personnage principal qui retient l’attention de l’astronaute. Mark Watney, biologiste propulsé survivant de fortune, reste méthodique, rationnel, concentré sur l’analyse des données. Un comportement que Thomas Pesquet juge représentatif de l’état d’esprit des astronautes : calme, organisé, réactif. Chaque problème est abordé comme un exercice de gestion de crise.
Enfin, le film souligne une valeur essentielle du travail spatial : la coopération. La mission de sauvetage s’organise à l’échelle internationale, mobilisant les agences américaines, européennes et chinoises. Un scénario que Thomas Pesquet juge idéalisé, mais globalement fidèle à l’engagement collectif réel qu’exigerait une telle situation.



