Parasite de Bong Joon-ho peut il remporter la Palme d'or 2019 ?

Posté par Rosario Ligammari le 24 Mai 2019
Avec Parasite, Bong Joon-ho dépeint avec subtilité la confrontation entre une famille de pauvres et une famille aisée. En compétition officielle, le film a obtenu un grand succès lors de sa projection. Une Palme d'or pour le réalisateur coréen de The host , Okja et Snowpiercer ?
La famille et la lutte des classes

Parasite raconte deux familles coréennes socialement opposées. La première (dont le père est campé par Song Kang-ho, acteur fétiche du réalisateur) occupe un petit appartement dans un entresol en compagnie de cafards. La deuxième famille, elle, roule sur l'or. Le lien entre les deux apparaît par le biais du fils de la la première famille : il devient le professeur d'Anglais de l'adolescente dont les parents sont fortunés. A partir de là naît une confrontation entre les classes sociales que Bong Joon-ho dépeint avec la subtilité qu'on lui connaît ; issu d'une classe moyenne, le réalisateur coréen dresse un portrait mordant de ces deux familles sans tomber dans le manichéisme.

Parasite est un titre ironique à double lecture. « Parasite » est le terme méprisant employé pour évoquer les pauvres rejetés de la société ultra-libérale ; ici des chômeurs qui survivent grâce à des petites combines. Mais en réalité, le « parasite » renvoie aussi au riche, qui vit en étant « assisté » : on lui fait sa cuisine, on lui conduit sa voiture, on s'occupe de ses enfants.

Il faut dire aussi que la famille est une thématique chère à Bon Jong-Ho – de The Host (présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2006 et acclamé un peu partout) à Mother (présenté à Cannes dans la section Un certain regard il y a pile dix ans).

Nouveau chef-d’œuvre hybride

Derrière le mélange des genres et des registres, Bong Joon-ho a toujours fait un cinéma politique. The Host faisait déjà le grand écart entre film de monstre et cinéma social, pouvant ainsi séduire aussi bien les fans de Godzilla que ceux du cinéma de Ken Loach. Dans Snowpiercer, le Transperceneige (sorti en 2013), il utilisait la science-fiction et le genre post-apocalyptique pour mieux parler de la lutte des classes et de la mondialisation.

Parasite quant à lui lorgne aussi bien du côté du polar que du drame, voire de la farce – il n'est pas dénué d'humour – et même de l'horreur ou de la catastrophe : le réalisateur démontre une maîtrise totale de tous les genres, le dénominateur commun étant – encore une fois – la dimension sociale. Suite à sa projection, les critiques n'ont d'ailleurs pas vraiment su dans quelle catégorie ranger le film et ont même éprouvé quelques difficultés à le décrire. Mais, surtout, la plupart a eu du mal à en parler autrement que comme d'un chef-d’œuvre.

Une possible Palme d'or ?

Il n'y a pas de science exacte et, pour l'instant, évidemment rien n'est joué. Le fait est que Parasite ressemble beaucoup à une Palme d'or, d'autant plus que le film ressemble beaucoup à une précédente Palme d'or : celle attribuée l'année dernière à Hirokazu Kore-eda pour Une Affaire de famille. Le film du réalisateur japonais ne parlait-il pas déjà d'une famille vivant dans un petit logis et (sur)vivant grâce à des petites combines ?

Parasite a tellement séduit le Festival, qu'il a été le film le plus applaudi juste derrière Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino. Deviendra-t-il numéro un en étant à nouveau applaudi dimanche au moment de la récompense ultime ?

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