MATERIALISTS met en scène un triangle amoureux moderne… entre amour, pouvoir et luxe !
Dans Materialists, la réalisatrice Celine Song revisite le triangle amoureux à l’aune du capitalisme sentimental. À travers Lucy, une entremetteuse new-yorkaise tiraillée entre deux prétendants que tout oppose, le film interroge nos choix amoureux à l’ère des algorithmes, du statut social et des apparences.
Un triangle amoureux à l’ère de la stratégie sentimentale
Lucy, interprétée par Dakota Johnson, est une matchmakeuse renommée à New York, spécialiste des unions haut de gamme. Son quotidien ? Assortir fortunes et CV amoureux comme on assemble des portefeuilles d’investissement.
Mais lorsque son propre cœur balance entre Harry (Pedro Pascal), un héritier séduisant et sécurisant, et John (Chris Evans), un acteur fauché, mais sincère, Lucy se retrouve piégée dans un triangle amoureux qui cristallise les contradictions de notre époque.
MATERIALISTS détourne les codes classiques du genre pour les injecter dans une société où l’amour se calcule, s’optimise, se monétise. Ce n’est plus seulement une question de cœur : c’est une affaire de stratégie, d’ascension sociale et de pouvoir.

Amour ou valeur refuge ?
Sous ses airs de comédie sentimentale à l'eau de rose, MATERIALISTS soulève une question vertigineuse : que vaut l’amour dans une économie des sentiments ?
En s’inspirant de sa propre expérience dans une agence matrimoniale de luxe, Celine Song dévoile la mécanique glaçante derrière le romantisme contemporain. Les prétendants sont évalués comme des actifs : revenu, patrimoine, statut… L’intimité devient transactionnelle.
Le décor scintillant de New York, ses lofts impeccables, ses soirées mondaines, contrastent avec la fragilité des vraies émotions. Lucy oscille entre deux récits : celui du confort matériel et celui de l’authenticité émotionnelle. En cela, le film dialogue avec des œuvres comme TWO LOVERS ou JULES ET JIM, où le choix amoureux est toujours un révélateur des tensions sociales.

Luxe, liberté et pression sociale
Si MATERIALISTS semble si actuel, c’est par sa manière de croiser les dynamiques amoureuses avec celles du pouvoir et du luxe.
Le triangle Lucy-Harry-John fonctionne comme une allégorie de notre rapport contemporain à la réussite. Harry incarne la sécurité, l’ascension garantie ; John, l’élan spontané, mais incertain. Lucy, elle, tente de concilier aspiration intime et normes sociales – mais peut-on vraiment aimer librement dans une société qui valorise tant l’apparence et la rentabilité ?
En creux, MATERIALISTS pose la question de la liberté : nos choix amoureux sont-ils encore sincères, ou sont-ils dictés par des injonctions invisibles ? Dans cette fable urbaine pleine d’ironie et de finesse, Celine Song, comme dans son très beau PAST LIVES, ne donne pas de réponse, mais elle bouscule nos certitudes avec style.



