Lola et ses frères, la famille sur un ton doux-amer

Posté par Rosario Ligammari le 11 Septembre 2019
Avec Lola et ses frères, Jean-Paul Rouve revient à ses amours : la famille. Les films qui abordent cette thématique peuvent se révéler tantôt acerbes tantôt émouvants. Entre la comédie et le drame, Rouve ne choisit pas : le rire se mêle à la mélancolie.
La famille chez Jean-Paul Rouve

Lola (Ludivine Sagnier) et ses frères Pierre (José Garcia) et Benoît (Jean-Paul Rouve) forment une fratrie unie, encore plus en tant qu'orphelins. Néanmoins tout n'est pas si rose : les trois passent aussi beaucoup de temps à se chamailler à propos de leurs vies faites de hauts et de bas. Écrit par Jean-Paul Rouve avec David Foenkinos comme Les Souvenirs en 2015 (qui était une adaptation du roman éponyme de l'écrivain), Lola et ses frères parle de la famille comme terrain d'entente mais aussi en tant que source de disputes permanentes. Autrement dit, comment le fait de bien se connaître peut conduire à ne jamais vraiment se comprendre.

Un sujet drôle autant que dramatique

Il y a les films de famille qui se classent parmi les drames, surtout quand celle-ci se retrouve autour d'un deuil : c'est le cas de Still Walking, du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda, le spécialiste du sujet (lequel a reçu la Palme d'or l'an dernier pour Une affaire de famille). D'Un air de famille (Cédric Klapisch, 1996) au Prénom (Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte, 2012), dans la tradition théâtrale comique - les deux films précités étant d'abord des pièces -, de nombreux longs-métrages se servent de la famille comme ressort humoristique. Sur les écrans en ce moment, Fête de Famille de Cédric Kahn reprend les ingrédients du film choral familial avec son lot de désordres.

Pourquoi la famille constitue-t-elle à ce point une matière à faire rire ? Parce qu'elle regroupe des individus contraints de se côtoyer, qui plus est dans leur environnement intime et souvent fermé – une maison – soit un cadre propice au huis-clos asphyxiant et grinçant. Donc potentiellement hilarant.

Famille, je te hais

Derrière cet humour règne un certain malaise. Le point de départ est souvent le même : l'incommunicabilité au sein de la famille, en plus d'un tas de problèmes irrésolus. Un Conte de Noël (Arnaud Desplechin, 2008) ressemble bien plus à un règlement de comptes qu'à un conte à proprement parlé. Dans Une Famille italienne (Gabriele Muccino, 2018), tout se passe bien jusqu'à ce que les membres de la famille soient contraints d'habiter ensemble. Les comédies Papa ou Maman 1 et 2 (Martin Bourboulon, 2015 et 2016) fonctionnent sur le jeu de massacre entre deux ex-époux qui font tout pour se débarrasser de leurs enfants terribles ; en gros, tout le monde s'y déteste, mais avec amour.

Chez Jean-Paul Rouve, il en est un peu autrement. Il y a de l'humour, certes, et on serait tenté de dire que cela est logique de la part de l'ancien Robin des Bois. Mais il y a aussi une vision touchante de la famille, ce qui est tout autant logique de la part du réalisateur de Quand je serai petit (2012) et Les Souvenirs (2015), qui traitaient des thématiques similaires avec délicatesse. D'ailleurs, question famille au cinéma, on a retrouvé le père spirituel de Jean-Paul Rouve : un certain Claude Sautet.

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