Les Veuves, un braquage au féminin

Posté par Rosario Ligammari le 9 Septembre 2019
Dans Les Veuves, Steve McQueen s'essaye au film de braquage. Genre généralement très masculin, ce sont ici les femmes qui font le casse. Avec Ocean's 8 sorti l'an dernier ou encore Les Baronnes actuellement à l'affiche, les femmes prennent plus que jamais le contrôle dans les thrillers.
Nouveau genre pour Steve McQueen

Les Veuves désignent ici quatre femmes avec un point commun (et peut-être le seul) : la mort de leurs maris suite à un braquage. Ces femmes ont ont un projet : continuer l’œuvre de leurs défunts époux. Avec Les Veuves, c'est peu dire que Steve McQueen change de registre. Jusqu'à maintenant, ses films racontaient l'enfermement, physique ou mental (voire les deux) : l'emprisonnement dans Hunger (2008), l'addiction sexuelle dans Shame (2011) et l'esclavage dans Twelve Years a slave (2013). Contrairement à ce que pourrait laisser présager le sujet, Les Veuves parle avant tout de libération : celles de ces femmes, face au pouvoir patriarcal.

Le film de braquage, un genre très masculin

Le genre « heist » (en français le « film de braquage ») regorge de classiques : L'Ultime Razzia (Stanley Kubrick, 1956), Heat (Michael Mann, 1996) ou encore Reservoir Dogs (Quentin Tarantino, 1992). L'univers y est la plupart du temps très masculin : les femmes restent dans l'ombre de leurs truands de maris ou font office de seconds rôles pas très élaborés. Dans la tradition de Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967), de L'Affaire Thomas Crown (Norman Jewison, 1968) à Haute Voltige (John Amiel, 1999), il existe aussi plusieurs films de braquage ou de cambriolage dont les héros ne sont autre qu'un... couple.

Bien sûr, on pourrait encore citer – ils ne sont pas nombreux – des films de braquage constitués uniquement de femmes ; il y aurait un autre couple dans la liste, celui de Bound (les Wachowski), ou le groupe de copines dans Set It Off (F. Gary Gray, 1996). Sans la présence de James Franco, Spring Breakers (Harmony Korine, 2013) aurait pu être un film totalement « girl power ».

Dans Les Veuves, comme son titre l'indique, la bande n'est constituée que de braqueuses.

De la force et de la solidarité féminine

L'an dernier, quelques mois avant Les Veuves, est sorti Ocean's 8 (Gary Ross). Les deux longs-métrages ont un point commun (et peut-être le seul) : il s'agit de deux films de braquage au féminin. En tant que film de groupe, le film de casse est aussi l'occasion de réunir un casting de luxe à l'instar justement de la série Ocean (au féminin comme au masculin) ; Les Veuves, elles, sont incarnées par Viola Davis, Elizabeth Debiki, Cynthia Erivo et Michelle Rodriguez. Ensemble elles font des étincelles – leur complicité crève les yeux. C'est d'ailleurs là le véritable sujet de Steve McQueen : la solidarité féminine comme force face au pouvoir masculin écrasant.

Adapté d'une série télé, Les Veuves a été écrit par le réalisateur avec Gillian Flynn, à l'origine du roman Sharp Objects devenu la mini-série éponyme (Jean-Marc Vallée, 2018) ainsi que Gone Girl (porté à l'écran par David Fincher, 2014). En somme, une autrice qui sait développer de personnages féminins percutants. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cela se voit dans Les Veuves.

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