Les prisonniers de l'espace, une figure classique de la SF

Des prisons dans des vaisseaux, des stations ou même des planètes ? Claire Denis, avec High Life, n’est pas la première à y avoir pensé. Petit retour sur ces films qui ont traité du milieu carcéral dans l'espace.

Sur les prisons-planètes, personne ne vous entendra crier
 

Mieux que la prison-île : la prison de l’espace, qui rend les évasions bien plus difficiles, est un thème que l'on retrouve régulièrement dans les films de science fiction. Comme celle d’Alien 3 (David Fincher, 1992), soit la planète Fiorina, sur laquelle atterrit Ripley (Sigourney Weaver), à qui rien ne sera décidément épargné. Assassins, violeurs : les plus dangereux détenus de l’univers y vivent en communauté, gérant une fonderie, et il va bien falloir s’associer avec eux contre l’alien… On retrouve une prison-planète, Kyln, dans Les Gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014). Le raton-laveur Rocket (Bradley Cooper), l’arbre humanoïde Groot (Vin Diesel) ou encore Quill (Chris Pratt) parviendront, malgré les drones et alarmes, à s’échapper… Dans un autre style, la prison souterraine des Chroniques de Riddick (David Twohy, 2004, avec Vin Diesel encore) sur la planète Crematoria n’est pas mal non plus : si on tente de s’en échapper, on sera immédiatement brûlé, car il y fait environ 700 degrés à la surface.

Des huis clos angoissants dans les prisons-stations
 

Encore plus sûre : MS One, la première prison orbitale de haute sécurité, dans laquelle il n’y a « ni violences physiques ou sexuelles, ni évasions, ni émeutes », dans Lock Out de James Mather et Stephen St. Leger (avec Luc Besson au scénario, 2012). Et pour cause : les 500 taulards y sont plongés dans un état de sommeil artificiel… Malheureusement, ils vont tous se réveiller au moment où la fille du président (Maggie Grace) visite le pénitencier, et elle va être prise en otage. Un seul homme pour la sauver : Snow, ex-agent de la CIA incarcéré à tort (Guy Pearce, déjà vu dans l’espace dans Prometheus et Alien : Covenant de Ridley Scott). Ça canarde sec… Chez Marc Caro (l’acolyte de Jean-Pierre Jeunet), la prison est aussi une station spatiale à la dérive. Dans Dante 01 (2008), cette « antichambre de l’enfer » est peuplée de dangereux criminels à l’air patibulaire, avec Lambert Wilson chauve et les habitués de Caro-Jeunet Dominique Pinon ou François Hadji-Lazaro… Ici, pas de sommeil artificiel mais des prisonniers qui servent de cobayes pour des expérimentations glauques.
 

Des prisons matières à réflexion
 

Dans l’ambitieux et arty High Life de Claire Denis,  Robert Pattinson et ses camarades (Mia Goth, André Benjamin, Claire Tran…) sont condamnés à mort ou à perpétuité. Ils ont accepté de troquer leur peine contre un programme d’expérimentation, dans un vaisseau errant sans fin à travers l’espace. Il s’agit de s’approcher d’un trou noir pour en étudier les sources d’énergie et de se prêter au bon vouloir de l’inquiétante docteur Dibs (Juliette Binoche), grande manitou collectrice de sperme qui ne rêve que d’une chose : faire naître un bébé dans l’espace. En proie au désir, à l’ennui et à la solitude, les personnages, confrontés à leurs propres errements, en disent long sur notre condition humaine… Un peu, comme dans Superman 2 (Richard Lester, 1980), trois décennies avant, où les condamnés sont emprisonnés dans la Zone Fantôme, une dimension vide où l’on est réduit à l’état de spectre désœuvré. De quoi donner envie de se tenir à carreau, même dans l'espace.

MARDI 9 JUILLET

20H50

HIGH LIFE

INÉDIT

2018 • 1H53 • France, Allemagne, Royaume-Uni, Pologne

Science-fiction de Claire Denis avec Robert Pattinson, Juliette Binoche...

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