LE RÈGNE ANIMAL : comment a été fabriqué Fix, l’homme-oiseau ?
Le film de science-fiction français LE RÈGNE ANIMAL de Thomas Cailley présente un monde rempli de créatures hybrides mi-humaines mi-animales. L'une des plus impressionnantes est Fix, l'homme-oiseau, incarné par le comédien Tom Mercier. Découvrez comment il a été créé.
LE RÈGNE ANIMAL : une fable fantastique signée Thomas Cailley
Présenté en ouverture d’Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023, LE RÈGNE ANIMAL marque un tournant ambitieux dans le cinéma français de genre. Avec ce deuxième long métrage, Thomas Cailley prolonge l’élan de son premier film, LES COMBATTANTS en changeant radicalement d’échelle : ici, l’intime se frotte à la science-fiction, et le drame familial se mêle à une fable post-humaine.
Dans un futur très proche, une mutation mystérieuse transforme peu à peu certains humains en créatures animales. François (Romain Duris), un père désemparé, tente de sauver sa femme touchée par cette métamorphose, tandis qu’il prend la route avec son fils Émile (Paul Kircher).
Avec LE RÈGNE ANIMAL, le cinéma français s’autorise enfin une grande fresque de genre à visage humain récompensée par 5 César (et 12 nominations), et plus d’un million de spectateurs en salles.

L’homme-oiseau : les coulisses de la fabrication de la créature
Parmi la galerie de mutants imaginés par Thomas Cailley, pour LE RÈGNE ANIMAL, la créature la plus marquante est sans aucun doute Fix, l’homme‑oiseau, qu’Émile croise sur son chemin et qui lui vient en aide. Au début, le personnage devait être un héron cendré mais, en rencontrant le comédien Tom Mercier, Thomas Cailley a décelé en lui un "truc de rapace" et a redessiné Fix comme un oiseau de proie. Son regard a notamment été primordial.
La préparation fut minutieuse comme on peut le découvrir dans dans le making-of du RÈGNE ANIMAL. Le collectif spécialisé en effets visuels Mac Guff a mixé maquillage et imagerie numérique : selon les plans, Fix peut ainsi apparaître en maquillage et prothèses ou avoir des ailes numériques lors des phases de vol ou de cascades.
Pour reproduire les ailes, une armature métallique de plusieurs mètres fut fixée aux bras, recouverte de plumes réelles et de silicone. La démarche n’offrait qu’un quart de déploiement, que les VFX ont complété en scannant des plumes et en les animant digitalement. Il a fallu que l’équipe des effets visuels fasse des raccords de peau et de muscles pour que la doublure se fonde dans le corps de l’acteur et que le mouvement des plumes soit naturel. Au total, l’équipe des effets visuels comptait environ 180 personnes pour animer l’homme‑oiseau et les autres mutants.
Les prothèses faciales de Tom Mercier ont également fait l’objet d’un soin particulier. Un moulage du visage du comédien a permis de sculpter un masque de silicone accentuant les yeux, inspiré d’une photo d’un soldat croate blessé. Tom Mercier passait en moyenne 3 ou 4h sur sa chaise pour se faire maquiller avant le tournage et s'est beaucoup impliqué, notamment pour trouver le cri de l'oiseau, un bruit qu'il a trouvé en aspirant l'air, au lieu de le souffler.
Le making-of du film LE RÈGNE ANIMAL est à voir ci-dessous :
LE RÈGNE ANIMAL : explication de fin. Emile se transforme-t-il ?
Dans le dernier acte de LE RÈGNE ANIMAL, François comprend que sa femme ne reviendra pas. La mutation n’est pas une maladie réversible, mais un état irréversible du vivant. Ce renoncement est le vrai point de bascule émotionnel du film. Jusqu’ici, le père luttait contre l’idée même de la transformation. Dans les dernières scènes, il accepte enfin de ne plus vouloir réparer à tout prix.
Alors qu’Emile entre dans sa phase finale de mutation, il est pris en chasse par une milice anti-créatures. Fix, l’homme-oiseau, se sacrifie pour le sauver, et Emile trouve refuge dans la forêt où il tombe sur une créature qui lui semble familière, et dont on comprend qu’il s’agit de sa mère.
Après l’assaut donné par l’armée, Emile, alors dans un état hybride, entre humain et créature, retrouve son père à la gendarmerie. Ce dernier comprend qu’il n’a plus le choix que de laisser partir son fils rejoindre ses semblables et ils prennent la fuite. Emile descend de la voiture sur la route et disparaît dans la forêt. Contrairement aux adultes, Emile ne vit pas cette évolution comme une menace. Là où François traversait un deuil, Émile traverse un passage, métaphore du passage de l’adolescence à l’âge adulte.
Alors qu’Emile décide de rejoindre les mutants, on comprend que le monde doit désormais composer avec cette nouvelle réalité. C’est l’un des principes fondamentaux du film : il ne s’agit pas de sauver l’ancien monde, mais d’accepter qu’un nouveau prenne forme. Le film s’achève sur la course d’Émile et son cri, brutal, presque animal.
Une scène d’épilogue, coupée de la version cinéma mais visible en bonus, prolonge pourtant ce destin un an plus tard : François, soumis à un contrôle judiciaire, se rend à la gendarmerie puis longe avec son chien la clôture d’une vaste réserve naturelle où vivent désormais les créatures. À l’intérieur, il retrouve Naïma auprès de l’homme-morse, tandis que Nina crie depuis l’extérieur de l’enceinte. Sur un mirador, Julia (Adèle Exarchopoulos), dont la peau commence elle aussi à se transformer, perçoit les murmures de la forêt. François, à son tour, reconnaît parmi les cris celui de son fils et esquisse un sourire.
