Le jeune Ahmed : une troisième Palme d'or pour les frères Dardenne ?

Posté par Rosario Ligammari le 17 Mai 2019
Révélés à Cannes en 1996 avec La Promesse, Les frères Dardenne ont depuis évolué avec le Festival. Ils font partie des rares réalisateurs à avoir obtenu deux fois la Palme d'or : en 1999 pour Rosetta et en 2005 pour L'enfant. Avec Le jeune Ahmed présenté en compétition, en gagneront-ils une troisième ?
Les Dardenne à Cannes, de La Promesse à la confirmation

En 1996, Jean-Pierre et Luc Dardenne étaient venus à la Quinzaine des réalisateurs présenter leur troisième long-métrage, La Promesse. Si le film n'a pas remporté de prix, il a fait gagner aux deux frères belges quelque chose qui n'est pas non plus négligeable : la reconnaissance de Cannes. Et la notoriété. Depuis La Promesse, tous leurs films – excepté Deux jours, une nuit (2014) – ont été présentés au Festival. Est-il encore nécessaire de présenter leur style ? En deux mots : un cinéma social et humaniste d'un genre naturaliste qui se trouve à la frontière du documentaire (ils ont d'ailleurs débuté avec ce format avant de se lancer dans la fiction). Ce qui fait des frères Dardenne des espèces de cousins de Mike Leigh et de Ken Loach.

Double Palme d'or

En plus d'être fidèles à Cannes, les Dardenne font partie des (rares) réalisateurs à avoir obtenu la Palme d'or à deux reprises (pour Rosetta en 1999 et L'enfant en 2005) aux côtés d'Alf Sjöberg (L'Epreuve, 1946 ; Mademoiselle Julie, 1951), Francis Ford Coppola (Conversation secrète, 1974 ; Apocalypse now, 1979), Shohei Imamura (La ballade de Narayama", 1983 ; L'anguille, 1997), Emir Kusturica (Papa est en voyage d'affaires, 1985 ; Underground, 1995), Bille August (Pelle le conquérant, 1988 ; Les meilleures intentions, 1992), Michael Haneke (Le ruban blanc, 2009 ; Amour, 2012) et ledit cousin Ken Loach (Le vent se lève, 2006 ; Moi Daniel Blake, 2016).

Pour cette 72ème édition, Les Dardenne sont à nouveau en lice pour la Palme d'or avec Le jeune Ahmed. Et il est bon de signaler qu'aucun des réalisateurs précités n'a de film en compétition, hormis... Ken Loach (avec Sorry we missed you). Les trois metteurs en scène à l'univers si proche vont donc se disputer la potentielle triple palme, première de l'Histoire.

Le jeune Ahmed : un sujet brûlant

En filmant l'histoire d'un adolescent face au fondamentalisme religieux, Le jeune Ahmed ne fait pas figure d'exception dans la filmographie des frères belges. En effet, le thème de la jeunesse égarée n'est pas nouveau chez eux : Rosetta racontait une jeune fille à la recherche d'un emploi ; le Gamin au vélo racontait un jeune garçon à la recherche de son père. Quant à la dimension sociale, le sujet parle de lui-même.

En revanche, c'est la première fois que les Dardenne viennent à Cannes avec un sujet qui soit aussi étroitement lié à l'actualité. Là où un film comme L'enfant ou Le silence de Lorna narraient des faits intemporels, Le jeune Ahmed quant à lui fait suite aux récents attentats : ceux de Charlie Hebdo, ceux du 13 novembre 2015 ainsi que ceux du 22 mars 2016 à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles ; tous ces événements ont incité les réalisateurs à tirer un film à partir de la radicalisation à la religion. Un sujet brûlant donc. Et un film qui s'annonce fort, avec ou sans Palme d'or.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram