Le Don Quichotte de Terry Gilliam privé de projo à Cannes ? 18 ans après, la malédiction continue…
Posté par Cinéma Canal le 4 Mai 2018
Sélectionné en clôture du Festival de Cannes hors Compétition, le film du réalisateur britannique Terry Gilliam « L’homme qui tua Don Quichotte » ne sera peut-être pas projeté comme prévu.

La raison de ce dénouement inattendu ? Le producteur du film, Paulo Branco, rallié à la cause du projet ubuesque de Terry Gilliam, attaque le réalisateur et le Festival de Cannes. Alors que leur association a été brisée – faute d’entente entre les deux hommes, ce producteur réclame des droits sur le long-métrage et surtout, estime que Terry Gilliam est allé « beaucoup trop loin » dans sa réalisation. La sortie du film en France, le même jour que la projection potentielle à Cannes, est suspendue elle aussi, pour le moment. Verdict par un juge des référés la veille de l’ouverture de Cannes, lundi prochain.

Encore un coup de sabot pour Gilliam

Dans la tête du réalisateur depuis 1991, date à laquelle Terry Gilliam commença à être obsédé par Don Quichotte, le long-métrage s’apprêtait à être « beau et terrible à la fois1 ». Beau par sa grandeur, comme les précédents films du réalisateur tels que Brazil, Las Vegas Parano ou L’Imaginarium du docteur Parnassus, et terrible par sa malédiction incessante depuis le début du projet.

Rappelons qu’une première version aurait du sortir sur les écrans au début des années 2000. Mais Jean Rochefort, initialement rôle-titre, tombera finalement malade, incapable de monter à cheval ; des pluies diluviennes stopperont net le tournage, détruiront les décors et noieront le film pendant un temps, et l’histoire est racontée sans filtre dans le tout aussi culte Lost in la mancha, documentaire-récit de cette débâcle à la Howard Hughes. En 2016, Terry Gilliam, presque Don Quichotte lui-même, croyait pourtant avoir trouvé en la personne de Paulo Branco et de sa société de production Alfama Films un allié de poids pour parachever son rêve avant que, finalement, ce dernier ne se décide à abandonner ce projet auquel il ne croyait plus... Mais sans pour autant en céder les droits, ce que contredisent les nouveaux producteurs venus depuis à la rescousse de l’ex Monty Python. De l’imbroglio juridique jusqu’à l’impasse, c’est la scène qui se joue actuellement, à quelques heures de l’ouverture du festival.

Presque 20 ans plus tard, la censure ?

Rappelons que le but d’un film, c’est d’être vu. Pierre Lescure et Thierry Frémeaux, président et délégué général du Festival soutiennent Terry Gilliam dans cette aventure rocambolesque. D’après leurs propos, dans un communiqué de presse en réaction à l’attaque du producteur initial du film, Paulo Branco, et habitués à une forme de censure des producteurs et distributeurs à l’encontre des réalisateurs, le Festival de Cannes « a pour mission de choisir les œuvres sur des critères purement artistiques et une sélection

doit se faire avant tout en accord avec le réalisateur d'un film. C'est le cas. Nous étions prévenus des recours possibles et des risques encourus, dans une situation déjà rencontrée dans le passé mais, en l'occurrence, lorsque notre décision a été prise, rien ne s'opposait à la projection du film au festival ».

Autrement dit, alors que Don Quichotte mène une bataille fictive dans un monde créé par son imaginaire, Terry Gilliam doit poursuivre sa lutte pour sortir son film dans un monde bien réel. Une chose est sûre, on n’aura jamais eu autant envie de voir ce Don Quichotte à la sauce Gilliam.

L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam. Sortie initialement prévue le 19 mai 2018. Avec Jonathan Pryce, Adam Drive, Olga Kurylenko.

Texte : Stéphanie Chermont

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Encore un coup de sabot pour Gilliam

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