La passion du cinéma selon Christophe

Posté par Rosario Ligammari le 16 Mai 2019
Personnage atypique dans la chanson française, Christophe a toujours été un amoureux du cinéma. Et le septième art, en retour, n'a jamais caché son amour pour le chanteur. Le dandy aux lunettes bleutées signe aujourd'hui la bande-son de Jeanne, le nouveau film de Bruno Dumont présenté à Cannes dans la section Un certain regard. C'est l'occasion de faire un retour sur les relations passionnées entre Christophe et le cinéma.
Le cinéma, une source d'inspiration pour Christophe

Christophe a un lien très étroit avec le cinéma. Si, côté musique, on le sait fan de blues, d'Alan Vega ou encore de Lou Reed, Daniel Bevilacqua (son véritable patronyme) a toujours fait part de son admiration pour David Lynch ou John Cassavetes et parmi ses films fétiches, le chanteur cite Une femme à sacrifier (Masamu Konura, 1974) ou encore Bye bye Blackbird (Robinson Savary, 2006), des choix pointus en plus d'être des œuvres d'esthète. Esthète de l'image et comme il le dit lui-même « chineur », Christophe a pendant longtemps collectionné des bobines 35mm (il en possédait plus de trois-cent). Pour l'anecdote, le chanteur a même un jour dépanné Federico Fellini d'une copie v.o de La Strada parce que la Cinémathèque n'avait le film qu'en v.f.

Enfin, sa musique est parsemée de références cinématographiques. L'album La Dolce Vita porte bien évidemment le nom de l'un des chefs-d’œuvre de Fellini ; un morceau comme On achève bien les autos (sur Comm'si la terre penchait, 2001), en plus de détourner le titre du film de Sydney Pollack (1970), renvoie au Crash de David Cronenberg (1996).

Et le cinéma le lui rend bien

A la sortie du disque Aimer ce que nous sommes (2008), plus que d'un album, Christophe parlait d'un « film ». Dans le morceau final, Daniel Filipacchi y mentionne les crédits à la manière d'un générique. Dans le cinéma de Christophe, les actrices répondent à l'appel pour ce qui est de venir poser leur voix sur ses compositions célestes : Isabelle Adjani sur Wo Wo Wo Wo (Aimer ce que nous sommes, 2008) ou encore Anna Mouglalis sur E Justo (Les Vestiges du chaos, 2016). Sans oublier Sarah Forestier, qui apparaît dans la vidéo de Dangereuse (Les Vestiges du chaos, 2016) qui est en réalité... le premier « vrai » clip d'une chanson de Christophe.

Mais alors qu'attend le dandy pour passer à l'écran ? Le chanteur reconnaît lui-même que sa mémoire lui fait défaut ; en tant qu'acteur professionnel, il aurait du mal, d'après lui, à retenir les répliques par cœur. Néanmoins ces dernières années Christophe a fait quelques apparitions devant la caméra, comme dans Fils de (HPG, 2014), film dont il a composé la bande-son.

Ses chansons au cinéma

Il faut rappeler que La Route de Salina (Georges Lautner, 1967) est longtemps restée sa seule collaboration avec le septième art. Ces dernières années, en plus d'avoir composé la bande originale d'Arrête ou je continue de Sophie Fillière (2014) ou Par accident de Camille Fontaine (2015), les morceaux de Christophe ont un succès fou à l'écran. Dans L'amour est un crime parfait des frères Larrieu on y entend L'un dans l'autre ; Kill Bill (Quentin Tarantino) fait plusieurs clin d’œil à La Route de Salina – on y entend la chanson Sunny Road to Salina. Sans parler du morceau Les Paradis Perdus dans Quand j'étais chanteur (Xavier Giannoli) ou encore Les Mots bleus (Alain Corneau, 2005) qui reprend son célèbre morceau, tout en lui rendant hommage à plus d'un titre. Aujourd'hui, Christophe compose la bande-son de Jeanne, le nouveau film de Bruno Dumont. Cela peut sembler surprenant quand on sait que le réalisateur s'est fait connaître avec un cinéma dénué d'émotions musicales.

Mais la musique aux correspondances cinématographiques de Christophe aura certainement su le séduire. 

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