La gueule de Woody Harrelson, toujours troublante dans Le Duel

Posté par Rosario Ligammari le 18 Mars 2019
Qu'il se glisse dans la peau d'un ignoble salaud ou d'un type attachant, Woody Harrelson possède l'un de ces visages qu'on oublie pas. Le Duel, diffusé le 19 mars sur CANAL+, lui fait retrouver cette ambiguïté physique : en jouant le rôle d'un potentiel criminel, il incarne à nouveau un personnage inquiétant.
Une tête qui fait peur

Il a une gueule comme on dit, une gueule de cinéma. Avec ses yeux bleu clair trop purs et ce sourire mi-figue mi-raisin, Woody Harrelson effraie, ça crève les yeux et l'écran. Quand on lit sur son CV qu'il est le fils d'une extrémiste religieuse et de Charles Harrelson (tueur à gage qui a notamment confessé l'assassinat de Kennedy), on n'est pas plus rassuré.

Les réalisateurs ont su exploiter ce trouble. Après avoir joué dans la série à succès Cheers, Woody Harrelson entre dans la cour des grands psychopathes avec Tueurs Nés (Oliver Stone, 1994). Il y incarne Mickey Knox, ce serial-killer aux lunettes rouges qui, rien que sur l'affiche, provoque des sueurs froides.

 

Des seconds rôles marquants

En même temps qu'il a traumatisé le public avec des rôles de types pas fréquentables, Harrelson dévoile un autre visage, pas criant de prime abord : le visage de quelqu'un de bien. C'est comme une rédemption cinématographique. Il est sympathique. On en vient même à se dire intérieurement que « sa tête dit quelque chose », mais dans le sens positif, comme un visage familier, voire familial.

S'il obtient le rôle titre de Larry Flint de Milos Forman en 1996, pour lequel il obtient une nomination à l'Oscar, on le suit souvent aux côtés du héros dans La Ligne rouge (Terrence Malick, 1999), She Hate Me (Spike Lee, 2004), No Country for Old Men (Joel et Ethan Coen, 2008) ou encore plus récemment dans Three Billboards : Les Panneaux de la Vengance (Martin McDonagh, 2017).
Il est aussi de l'aventure de la saga Hunger Games aux côtés de Jennifer Lawrence, de la nouvelle trilogie La planète des singes, et il est entré dans l'univers de Star Wars avec Solo: a Star Wars Story.

Autre particularité, on peut noter que l'acteur marche souvent en duo. Il est l'acolyte de Billy Crudup dans The Hi-Lo Country (Stephen Frears, 1998), le frère cocu de Matthew McConaughey dans En direct sur Ed TV (Ron Howard, 1999) ou le partenaire de boxe d'Antonio Banderas dans Les Adversaires (Ron Shelton, 1999).

Le Duel

Pour Le Duel (Kieran Darcy-Smith, 2016), il ne s'agit pas d'un duo mais bien, comme son titre l'indique... d'un duel. L'affiche du film ressemble à un split screen avec d'un côté le bien et de l'autre (roulement de tambours) le mal.

L'histoire se déroule en 1887 au Texas. Le Ranger Kingston (Liam Hemsworth), parti pour enquêter sur une série de meurtres à la frontière mexicaine, se retrouve à Mount Hermon face au Prêcheur, soit celui qui aurait potentiellement tué son père vingt ans avant. Le rôle de personnage équivoque est encore taillé sur mesure pour Woody Harrelson. L'acteur n'a pas trop à forcer le trait : il fait toujours aussi peur. Et c'est peut-être ce qui le rend sympathique avec le temps. Il a une bonne tête, oui. De méchant.

 

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