La Belgique version Gangsta ? Un rêve pas si bling bling que ça

Anvers : un groupe de quatre amis rêve d’argent et de succès façon Scarface et pourtant... leurs ambitions se transforment vite en cauchemars. Drogue, fantasme, émotions, voici nos trois raisons de regarder Gangsta de Bilall Fallah et Adil El Arbi.
Posté par Stéphanie Chermont le 16 Janvier 2019
Une ambiance de jeu vidéo

Contrairement aux films tournés en banlieue avec des plans serrés sur les grandes tours d’immeubles et les bandes de caïds qui zonent, Gangsta s’attarde à suivre le destin en pleine mutation d’un groupe d’amis désœuvrés. Pour animer le tout, les réalisateurs ont mixé prises de vue réelles et animations comme dans Tetris ou Super Mario pour faire de leur long-métrage un film qui s’inscrit dans son époque.

Au-delà d’être graphiquement intéressant, l’allusion au jeu, à la prise de risque moins inquiétante car drôle est une bonne idée. En effet, le côté pop de Gangsta et la narration moderne donne au propos un sens percutant : comment grandir et évoluer quand on vit dans une cité ? Quels sont les rêves de la jeunesse d’Anvers ? Un peu comme dans Scott Pilgrim, Gangsta use de cette astuce visuelle liée au jeu vidéo pour nous en mettre, à nous spectateurs, plein la vue.  

L’amitié au centre de Gangsta

Pour leur troisième long-métrage, les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah témoignent de leur envie de placer l’amitié au cœur de leur narration. La banlieue n’est qu’un prétexte à une culture populaire, la drogue un cliché vite dégagé pour témoigner d’une ambition de changer de vie et les institutions opposées (école, police, administration), juste des obstacles à la réussite des protagonistes. Ce qui perdure, dans Gangsta, c’est ce lien fort entre ces quatre amis qui, au-delà de leurs intérêts, se réunissent pour mieux se soutenir, s’entraider et avancer. Et ça fonctionne.  

« Vite fait tiré d’une putain d’histoire vraie »

Même si forcément, Gangsta nous fait penser à La Haine, dans un autre registre, le film s’attarde à soigner ses détails et à s’inspirer de la réalité. Des jeunes en banlieue, d’origine marocaine et qui rêvent de mieux, ils en existent des centaines. Et malgré leurs défauts, sous leurs airs de bad boys, ils sont attachants, ambitieux, inspirants. N’est-il pas juste que le cinéma est le meilleur miroir de la société ? La preuve avec ce film bien construit, bien rythmé et profondément original. 

A regarder dès le mercredi 16 Janvier à 20H50 sur CANAL+CINEMA et myCANAL

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