L'amour est une fête, une nostalgie classée X

Posté par Rosario Ligammari le 4 Juillet 2019
Avec L'amour est une fête, Cédric Anger fait un retour en 1982 dans le joyeux monde du porno : Mai 68 est passé par là et le sida n'a pas encore fait de dégâts. Une « parenthèse enchantée » que le réalisateur reconstitue entre nostalgie et fantasme.
Le porno en 1982

La nostalgie n'en finit plus d'être à la mode. Et elle touche aussi le porno. C'est un âge d'or – situé entre les années 1970 et 1980 – dont on parle ici. C'est à travers de cette nostalgie mais aussi une part avouée de fantasme que Cédric Anger a réalisé son film L'amour est une fête : plus que l'amour; c'est avant tout le sexe donc, qui en est une, de fête.

Le réalisateur a choisi l'année 1982. Cette année-là à Paris (qui est aussi « une fête » selon Ernest Hemingway), les rues pullulent de boutiques dédiées au plaisir et les salles obscures projettent des longs-métrages pornographiques. Les magnétoscopes n'existent pas encore. Le sida non plus.

Sexualité joyeuse

D'un point de vue d'esthète, le porno de cette période est encore tourné en pellicule. Mais c'est surtout au niveau de l'image qu'il y a de quoi se réjouir – « l'image » au sens de celle véhiculée par le porno, dans les films autant que dans la manière de les tourner. Joie, hédonisme, insouciance : la libération post-Mai 68 est passée par là. Le sexe est joyeux. Et les conditions de travail aussi. Sans oublier l'aspect « poil à gratter », pour ne pas dire scandaleux et propice à choquer le bourgeois, qui s'avère éminemment jouissif.

Une comédie sexy sans morale puritaine

Le pitch de L'amour est une fête est simple. Patrons du peep-show le Mirodrome, Franck (Guillaume Canet) et Serge (Gilles Lellouche) se mettent à tourner des pornos à petit budget pour sauver leur commerce. Mais il semblerait qu'en réalité les deux hommes soient des infiltrés...

A travers l'intrusion de ses personnages, Cédric Anger a trouvé le prétexte idéal pour explorer ce monde « interdit ». Couleurs chaudes, paillettes à tous les étages, bande-son glam rock, contrairement à d'autres films qui ont raconté l'envers du porno de façon peu reluisante, L'amour est une fête ne verse pas dans le ton accusateur ni la morale puritaine. En somme, si l'amour est une fête, le film en est une lui aussi. Et tout le monde est invité.

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