Johnny Depp, le caméléon du fantastique

Posté par Rosario Ligammari le 9 Septembre 2019
Johnny Depp est un habitué des univers homériques. Que cela soit avec Tim Burton ou dans Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindewald, Depp habite ces univers en opérant à chaque fois des transformations physiques dignes de ce nom. Petit retour sur le monde baroque de l'acteur et sur ses folles métamorphoses.
Johnny Depp ou l'art de la transformation

A première vue, ce qui est amusant, c'est que Johnny Depp – à l'instar d'un Brad Pitt – incarne sans conteste un sex-symbol évident, l'image de la beauté masculine. Qui mieux que lui pour « casser » cette image, du moins la déformer ? En effet, l'acteur aurait pu se contenter de se reposer sur son physique avec des rôles de jeunes premiers tout lisses. Il n'en est rien.

Rappelons qu'il a démarré au cinéma dans le premier volet de Freddy (Les Griffes de la nuit de Wes Craven en 1985). Ce premier rôle est éclairant sur la suite de son parcours. En effet, en plus des « griffes » annonciatrices de sa première métamorphose sur grand écran avec Edward aux mains d'argent (Tim Burton, 1991), dans le slasher culte son personnage se fait tuer par Freddy Kruger : c'est comme si celui-ci achevait justement l'image de jeune premier, du beau gosse qui aurait pu lui coller à la peau tout le long de sa filmographie.

Héros du fantastique

Depuis son rôle dans Edward aux mains d'argent Johnny Depp a souvent plongé dans le monde du fantastique, en plus d'avoir travaillé à sept reprises avec Tim Burton, le maître du conte gothique. A la fois comme un enfant et comme une rockstar version septième art, l'acteur adore se travestir, se maquiller, interpréter des personnages excentriques et lunaires, à la fois sombres et haut en couleurs ; le genre fantastique est bien sûr un terrain propice à la transformation et à la flamboyance.

On se souvient de son poids plume, de son visage pale – pour ne pas dire cadavérique – et de ses cheveux gominés en tant que Barnabas Collins dans Dark Shadows (Tim Burton, 2012). Moins fantasy mais très baroque et barré, son interprétation du journaliste gonzo Raoul Duke dans l'hallucinant Las Vegas Parano (Terry Gilliam, 1998) est très marquant lui aussi. On peut encore citer la franchise Pirates des Caraïbes qui mélange aventure et fantastique : les films doivent énormément au jeu exubérant de l'acteur grimé en Jack Sparrow.

Un grand méchant trouble

Johnny Depp ne s'est pas illustré seulement en tant que héros ; les personnages dérangés ne manquent pas à l'appel. En apparence lisse, son Willy Wonka (dans Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, 2005) fait peur, ses grandes dents blanches dessinent un sourire bien trop faux ; il ressemble moins à un marchand de bonbons qu'à un grand méchant loup. Cela tombe bien : dans la comédie musicale In the Wood (Rob Marshall, 2015), Johnny Depp incarne justement... le Grand Méchant loup.

Dans Alice au pays des merveilles (Tim Burton, 2010) et dans sa suite Alice de l'autre côté du miroir (James Bobin, 2016), les yeux de Johnny Depp deviennent vert et globuleux, sa tignasse rousse : l'acteur endosse le costume de Chapelier Fou, un rôle taillé sur mesure. Dans Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindewald (David Yates, 2018), l'acteur tient le rôle du sorcier Gellert, le Grinderwald du titre, imaginé par JK Rowling (Harry Potter). Encore un personnage inquiétant... Et un Johnny Depp méconnaissable.

Pour l'occasion, la costumière Colleen Atwood, qui habille Johnny Depp depuis une trentaine d'années, a déclaré à propos de l'acteur : « Personne ne porte mieux un costume que lui ». On pourrait ajouter que, dans le domaine du fantastique, personne ne se transforme aussi bien que Johnny Depp.

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