Il y a 38 ans, cette fausse histoire lançait la carrière de Jean-Claude Van Damme
Dans les années 80, Jean-Claude Van Damme espérait se faire une place à Hollywood et c'est sur un coup de pied (selon la légende) qu'il prend la tête d'affiche de BLOODSPORT, film devenu culte tiré d'une histoire vraie… ou pas.
L'avant BLOODSPORT est déjà une fiction
BLOODSPORT, disponible sur CANAL+, est sans doute l'un des films les plus connus et populaires de la carrière de Jean-Claude Van Damme. En 1988, il fait une sortie directement en vidéo remarquée et remarquable, au point qu'une diffusion en salles est finalement prévue. Résultat, 50 millions de dollars de recettes pour un budget de moins de 2 millions. Pas mal pour un premier film, non ?
Parce que oui, avant BLOODSPORT, l'acteur belge n'était pas encore une figure de premier plan du cinéma d'action. Tout juste avait-il fait quelques rôles ici et là, notamment en jouant un méchant russe dans le long-métrage oubliable, KARATÉ TIGER. D'ailleurs, suite à la popularité montante de JCVD, chaque réédition du film le mettait en avant sur la jaquette, occultant complètement le vrai héros du récit. Il faut bien vendre.

Mais BLOODSPORT est autant connu pour son contenu que pour toutes les vraies fausses histoires qui l'entourent. À commencer par l'embauche de Jean-Claude Van Damme. Car il existe autant de versions du récit qu'il y a eu de protagonistes dans l'affaire. La plus connue est celle où l'aspirant acteur rencontre par hasard le producteur Menahem Golan et lui fait une démonstration de karaté afin d'être invité dans son bureau et de se voir offrir le script.
Selon JCVD, c'est directement dans le bureau du producteur qu'il a réalisé un grand écart et qu'il est resté statique jusqu'à convaincre le producteur de le lui confier. Vous avez également l'anecdote de Michel Qissi, ami de longue date de Van Damme et participant à plusieurs de ses films (dont BLOODSPORT), racontant comment c'est lui qui a presque dû pousser l'artiste martial dans le bureau de Golan. Bref, les détails resteront flous, mais le résultat ne change pas : BLOOODSPORT devient un carton.
Qui est Frank Dux ?
Dans le film, Frank Dux (JCVD) est un soldat américain entraîné au ninjutsu par un maître japonais qui s'inscrit au Kumite, un tournoi clandestin d'arts martiaux mixtes. Il finira par en devenir le premier vainqueur occidental avant de remporter le tournoi plusieurs fois par la suite.
Un scénario tiré d'un roman écrit par Frank Dux lui-même, laissant entendre que le récit autour du Kumite est bien réel. D'ailleurs, l'homme sera coordinateur des combats sur le film et aura une excellente relation avec Van Damme (qui se conclura néanmoins sur un procès suite à une accusation de plagiat sur LE GRAND TOURNOI).

Sauf que plusieurs enquêtes viendront ensuite contrebalancer les propos de Dux, remettant en cause son autobiographie. Selon le champion d'arts martiaux, il a remporté de nombreux Kumites et d'autres tournois, mais aucune trace de ces victoires, même les « officielles », n'existe. De plus, il a également déclaré avoir été contacté par la CIA pour opérer en tant qu'agent paramilitaire dans différents pays du monde, mais aucune source n'est jamais venue corroborer ses dires.
Un manque de véracité qui a poussé l'éditeur de son livre à en stopper la publication. Frank Dux est, depuis, davantage connu pour être une sorte d'affabulateur, avec des démonstrations publiques de ses « talents » apparemment truquées. Le scénariste de BLOODSPORT, Sheldon Lettich, avait déclaré à propos de Dux qu'il était simplement un grand rêveur qui aimait se raconter des histoires. Et l'une de ces histoires a accouché de l'un des plus grands films d'arts martiaux de tous les temps.
