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Il y a 25 ans, ce film d’horreur traumatisait les spectateurs français

Dans l’histoire du cinéma d’horreur mondial, le film RING d’Hideo Nakata occupe une place de choix. Sorti il y a 25 ans dans les salles obscures françaises, il a traumatisé toute une génération de spectateurs. Bonne nouvelle : la version 4K est disponible sur HBO Max, avec CANAL+. Une petite envie de retrouver Sadako ?

RING : quand l’horreur sort du téléviseur

En avril 2001, les spectateurs français découvraient sur grand écran un film venu du Japon qui allait rapidement devenir un phénomène mondial : RING de Hideo Nakata. Vingt‑cinq ans plus tard, l’image d’une jeune femme aux cheveux noirs sortant d’un téléviseur hante toujours la mémoire collective.

L’œuvre, adaptée du roman de Kōji Suzuki, a propulsé le J-horror (version courte pour « Japanese Horror », nous y reviendrons) sur la scène internationale avec son mélange de folklore ancestral, critique des médias et peur du numérique. Au Japon, le film est devenu le plus gros succès de l’année 1998 avec un revenu d'un milliard de yens, et a ensuite conquis l’Occident. En France, il aura fallu attendre trois ans avant de voir débarquer RING sur les écrans, précédé d'une jolie réputation.

Dans le film, une rumeur circule à Tokyo : quiconque regarde une étrange cassette vidéo reçoit un coup de téléphone annonçant sa mort dans les sept jours. Lorsque sa nièce Tomoko meurt mystérieusement, la journaliste Reiko Asakawa décide d’enquêter. Avec l’aide de son ex‑mari Ryuji, elle retrouve la cassette et découvre le visage de Sadako, une jeune femme aux cheveux longs disparaissant dans un puits, avant de tomber elle‑même sous la malédiction. Pour sauver son fils, Reiko doit remonter la trace de la cassette jusqu’à sa source et comprendre la tragédie qui a transformé Sadako en fantôme. La scène où le spectre sort littéralement du téléviseur est devenue emblématique et a terrifié des millions de spectateurs.

RING et l’essor du J-horror

Le film a ouvert la voie à une vague de J‑horror au tournant des années 2000, avec notamment THE GRUDGE sorti en 2002, ou encore DARK WATER. À la fin des années 1990, alors que le cinéma d’horreur occidental s’essouffle dans la répétition des slashers et des effets gore, ce courant venu du Japon s’impose progressivement sur la scène mondiale.

La J-horror s’inscrit dans une longue tradition culturelle japonaise, notamment celle des yūrei, les fantômes du folklore, et des onryō, esprits vengeurs incapables de trouver le repos. Ces figures, issues du théâtre nō et kabuki, possèdent une iconographie immédiatement reconnaissable : peau blafarde, longs cheveux noirs dissimulant le visage, vêtements blancs associés au deuil.

Avec RING, et à travers le personnage de Sadako, figure directement héritée des fantômes vengeurs japonais, Hideo Nakata réactive une tradition séculaire, mais la transpose dans un monde contemporain où la malédiction circule via une cassette vidéo, qui devient le symbole d’une peur nouvelle, liée à la propagation des images et à la contamination médiatique.

RING est sorti dans les salles françaises le 11 avril 2001, au moment où l’Occident découvrait la culture populaire japonaise (mangas, animés et jeux vidéo). Distribué de manière confidentielle et interdit aux moins de 12 ans, il n’a attiré qu’environ 51 000 spectateurs en salle, mais sa notoriété s’est rapidement propagée grâce au bouche‑à‑oreille. On peut attribuer plus largement le succès du film à son remake américain signé Gore Verbinski avec Naomi Watts, et sorti l’année suivante, qui a été un gros succès commercial (250 millions de dollars pour un budget de 48 millions).

En 2022, la version remasterisée en 4K est sortie dans les salles françaises, permettant à un nouveau public de le découvrir dans des conditions optimales. Bonne nouvelle : cette version est disponible sur HBO Max, avec CANAL+.