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« Glenn Powell, c’est un peu Tom Cruise, il se balade à poil à 8 m de haut avec une corde »

Deux films, deux secousses. RUNNING MAN, réinventé pour notre époque hyper-médiatisée, plonge le spectateur dans une arène télévisuelle où la vérité vacille à grands coups d’images manipulées. DOSSIER 137, lui, dissèque au scalpel une affaire de violences policières où les images tiennent, elles aussi, une place capitale. LE CERCLE CINÉMA décrypte ces deux coups de cœur de la semaine.

RUNNING MAN, miroir déformant de l’ère numérique

Dans sa version survitaminée de RUNNING MAN, Edgar Wright s’amuse à dynamiter les codes du divertissement de masse. L’émission de survie où l’on traque des candidats en direct devient un laboratoire cauchemardesque des dérives contemporaines : images trafiquées, narrations sculptées sur mesure, héros fabriqués en post-production... Comme le souligne Perrine Quennesson : « Le film est complètement dans son temps. Il pose la question du deep fake, de l'I.A., en tout cas comment on va manipuler ces images et comment est-ce qu'on doit croire ce qu'on voit… C’est un bon avocat de l'analyse et l'éducation de l'image ! ».

Le running man d’Edward Wright, c’est Glenn Powell, cet acteur américain vu dans TOP GUN: MAVERICK (2022) de Joseph Kosinski ou TWISTERS (2024) de Lee Isaac Chung : que Philippe Rouyer (Positif) décrit comme « un mélange de Bruce Willis dans DIE HARD et Harrison Ford dans LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE… et de Tom Cruise pour les cascades parce qu'il est à poil à 8 m de haut avec une corde. » On retrouve dans ce cocktail d’influences l’ambition de redonner au héros d’action une physicalité brute, loin des super-pouvoirs amenés par le numérique.

DOSSIER 137 ou l’implacable mécanique du réel

Changement total de registre avec DOSSIER 137, le dernier film de Dominik Moll (Césarisé pour LA NUIT DU 12 en 2023) qui suit une enquêtrice de l’IGPN, ou la police des polices, lancée sur une affaire de tir de LBD par la police sur un manifestant lors d’un rassemblement des Gilets jaunes à Paris. Pas de fioritures, pas de pathos : seulement des faits, des témoignages, des images analysées jusqu’à l’épuisement. Perrine Quennesson qualifie d’ailleurs le long-métrage d’imparable. « Dominik Moll te fait une démonstration très claire, très précise, d'un événement qui porte un propos très fort sur les violences policières. Il n'a pas peur de le dire, mais en disant : tout ce que vous allez pouvoir m'opposer, j'ai la preuve contraire. »

Campée par Léa Drucker, l’héroïne conjugue loyautés professionnelles, doutes intimes et pression politique. « Léa Drucker, c'est vraiment le pivot du film, c'est son point de vue. Le problème, c'est qu'évidemment elle est entre deux feux. Elle veut faire la lumière sur cette affaire, mais petit à petit, elle est débordée d'une part par les sentiments, et aussi par le côté social de cette France fracturée », analyse Philippe Rouyer, fan de DOSSIER 137, dont la présence en Compétition à Cannes cette année avait déjà suscité un emballement vif de la presse.