François Damiens redevient François l'Embrouille dans Mon Ket

Posté par Rosario Ligammari le 21 Août 2019
Après s'être illustré dans des registres aussi bien humoristiques que dramatiques, François Damiens passe pour la première fois derrière la caméra avec Mon Ket. C'est l'occasion pour lui de revenir à ses premières amours : la caméra cachée. Et pour nous celle de faire un petit récapitulatif sur ces films qui ont utilisé ce dispositif avant lui.
La caméra cachée : un dispositif d'humour efficace

De prime abord, la caméra cachée semble liée au petit écran, qui plus est au format court : elle fonctionne en tant que pastille humoristique. Au cinéma, ce dispositif se fait plus rare : il a été sinon mis en place par celles et ceux qui avaient pratiqué l'exercice à la télévision. Camille Cottin, par exemple, a transposé son personnage d'emmerdeuse sur grand écran mais surtout son Connasse (Connasse, princesse des cœurs d’Éloïse Lang et Noémie Saglio, 2015) a été intégralement tourné en caméra cachée.

On peut citer encore les deux films de Larry Charles, Borat (2006) et Brüno (2009), qui mettent non seulement en scène Sacha Baron Cohen mais aussi en situation pléthore de « piégés » : ces films auraient moins d'intérêt et de sens s'ils avaient été tournés de façon traditionnelle. Si ces films créent la confusion entre le vrai et le faux, les personnages respectifs de Sacha Baron Cohen – le journaliste kazakh Borat comme le roi de la mode homosexuel Brüno – sont de pures inventions. C'est ce savant mélange que l'on retrouve dans Mon Ket (François Damiens, 2018).

Avec ou sans trucages

Jackass 3D (Jeff Tremaine, 2010) n'a pas changé une recette qui a fonctionné et qui n'est autre que la marque de son succès. Bad Grandpa (Jeff Tremaine, 2013), de la même bande, se trouve dans le même esprit – la caméra y est plus ou moins cachée. En France, Michaël Youn s'est aussi prêté à ce jeu de sale gosse avec les 11 Commandements (François Desagnat et Thomas Sorriaux, 2004) qui alterne scènes de comédie scénarisées et prises de vue réelles.

La caméra cachée permet de capturer des réactions spontanées ; le jeu s'avère plus que naturel. C'est un peu de l'équivalent d'un plan séquence verbal (une prise) – même si François Damiens dans Mon Ket a posé plusieurs caméras à l'insu des piégés – et encore plus risqué puisqu'elle nécessite beaucoup d'improvisation de la part du piégeur. Il est bien sûr impossible d'anticiper totalement les réactions des gens.

Un retour aux sources pour François Damiens

Avec Mon Ket, François Damiens redevient François L'Embrouille ; du moins, son personnage aurait pu figurer dans la galerie de ceux qu'il a incarnés pendant des années pour la chaîne belge RTL-TVI. Après avoir déployé son talent au cinéma dans l'interprétation de nombreux rôles dramatiques, il est tout à fait naturel que François Damiens – pour son premier passage derrière la caméra – revienne à ce qu'il sait aussi très bien faire : la caméra cachée.

Il y a néanmoins une limite à cet exercice : une fois que le piégeur est trop connu, il ne peut plus tourner de caméras cachées ; on le reconnaît dans la rue. Pour passer inaperçu (mais pas en toute discrétion), François Damiens a utilisé ici toute une série de prothèses dentaires, des perruques, un faux ventre... Enfin, à part les membres de la famille (l'enfant, sa mère...), personne n'est acteur, au sens où tout le monde est filmé sans le savoir. D'ailleurs, le titre de travail de Mon Ket était : L'embrouille.  Un vrai retour aux sources pour François Damiens.

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