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Fin de L’Histoire de Souleymane : arrivera-t-il à régulariser sa situation ?

Afin de coller le plus à la réalité de nombreux immigrés, Boris Lojkine choisit de laisser le spectateur en suspens… Mais Souleymane réussira-t-il à régulariser sa situation ? Attention, spoilers !

Une fin ouverte

À l’image de tant d’autres films qui laissent au spectateur le soin d’imaginer la fin, Boris Lojkine a choisi de ne pas dévoiler si son personnage réussissait à régulariser sa situation. Car L’HISTOIRE DE SOULEYMANE n’est pas tant de savoir s’il va obtenir sa demande d’asile, mais plutôt tout ce qui le mène à cet entretien, ainsi que l’histoire qu’il choisira : la sienne ou celle qu’on lui a dit de raconter ? 

Course contre la montre

L’essentiel du film est plutôt ce qui conduit à son entretien avec l’agente de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides), interprétée par Nina Meurisse. En à peine 48 heures, Souleymane doit apprendre par cœur l’histoire qu’il doit réciter lors de son rendez-vous, avant de se faire reprendre par l’agente, qui a déjà entendu le même refrain des centaines de fois… Car l’histoire de Souleymane, qu’il s’agisse de la sienne ou de celle qu’il doit apprendre, est celle de nombreux migrants, passant par le même parcours, le même bureau. Leur demande sera-t-elle acceptée ou refusée ? En choisissant de terminer son film sur le visage de Souleymane, sortant de ce rendez-vous tant attendu et si important pour son avenir, sans révéler la suite, Boris Lojkine reste ainsi au plus près de la réalité. Aussi bien celle de son personnage que celle de l’acteur qui l’incarne. 

Quand la réalité dépasse la fiction

En choisissant Abou Sangaré pour incarner Souleymane, Boris Lojkine a essayé de coller au plus près de sa réalité : le guinéen, qui a quitté son pays à l’âge de 16 ans pour aider sa mère malade, présente bien des similitudes avec son personnage.. Bien qu’il soit mécanicien à Amiens et non livreur à Paris, Abou Sangaré a connu de nombreux déboires avec l’administration française pour tenter de régulariser sa situation. Peu de temps avant la présentation du film à Cannes, qui a conquis la croisette, Sangaré a vu sa demande de naturalisation refusée, pour la troisième fois... Mais pour ceux qui aiment les fins heureuses, l’acteur a obtenu en janvier dernier un permis de travail d’un an. De quoi ravir Boris Lojkine, qui avait déclaré : “À partir du moment où on prend Sangaré avec nous pour jouer le rôle principal, c’est une forme de responsabilité. [...] C’est évident pour moi que c’est seulement quand il aura obtenu ses papiers que j’aurai l’impression d’avoir fini mon film”. 

L'HISTOIRE DE SOULEYMANE est disponible sur Canal+.