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Tout le monde connaît la fin de ce film, alors pourquoi on le regarde encore 25 ans après ?

FIGHT CLUB a sans doute l'une des fins les plus marquantes et connues du cinéma moderne, au même titre qu'un SIXIÈME SENS. Et pourtant, plus de 25 ans plus tard, on continue de voir et revoir le film de David Fincher. Explications.

Une fin qui réinvite au visionnage

Où est la limite du spoiler ? Est-ce que divulgâcher un film vieux de vingt ans peut encore être considéré ainsi ? Par exemple, informer de la filiation entre Luke Skywalker et Dark Vador est-ce du spoil en 2026 ? En 1999, le FIGHT CLUB de David Fincher retournait le cerveau des spectateurs avec un rebondissement que peu avaient su prévoir. Aujourd'hui, même celles et ceux qui n'ont jamais vu le long-métrage ont de grandes chances d'en connaître l'issue, rien que pour l'héritage et les références qui lui sont faites dans la pop-culture depuis. Alors pourquoi (re)lancer la lecture ?

Parce que tout le talent de David Fincher, en s'appuyant sur les écrits du scénariste Jim Uhls et de l'écrivain Chuck Palahniuk, est d'avoir donné toutes les clés de compréhension du film dès l'ouverture et que tout l'intérêt de FIGHT CLUB se situe presque dans ce second visionnage, afin de redécouvrir les indices d'un œil neuf.

Le montage, les apparitions « flash » de Tyler Durden (Brad Pitt), le récit décousu du narrateur (Edward Norton), le chaos de sa relation avec Marla (Helena Bonham Carter)… Tout le long-métrage est construit pour que le twist soit sous nos yeux depuis le début, mais que notre cerveau refuse d'imprimer, comme si nous recherchions absolument à nous ancrer dans quelque chose de logique, prisonnier de la subjectivité absolue du narrateur. Le rythme lui-même est conçu pour nous étourdir, comme si nous étions pris dans une boucle, et le rebondissement conclusif vient agir tel un électrochoc. Une méthode que beaucoup de films ont réutilisée depuis.

Une critique de la masculinité toxique

FIGHT CLUB reste un film profondément actuel par sa représentation de la masculinité toxique, incarnée à l'écran par Tyler Durden. Il est d'ailleurs amusant de voir combien le personnage a été apprécié par une communauté, là où Fincher et Palahniuk n'ont jamais caché le ridicule de ce dernier. Durden n'est pas tant un protagoniste invincible, un révolutionnaire spirituel, c'est une personnification d'un vide existentiel, une illusion.

Marla a beau être une figure dysfonctionnelle, elle est plus saine que le narrateur parce qu'elle n'a pas peur d'assumer ses émotions là où ce dernier préfère les poings aux mots, provoquant davantage de morts et d'isolement. FIGHT CLUB est un combat, mais un combat contre soi-même, conjugué à une critique du capitalisme ET du radicalisme. Le long-métrage est une ironie, une satire de la position masculine dominante. Un film dans lequel, à la fin, ce n'est pas Tyler Durden qui survit.