DRACULA de Luc Besson : l’histoire vraie terrifiante derrière le célèbre vampire
Luc Besson revisite le mythe du célèbre vampire avec DRACULA, disponible sur CANAL+. Derrière cette créature légendaire imaginée par Bram Stoker se cachent deux figures historiques cruelles et terrifiantes.
Luc Besson envoie Dracula à Paris
Avec DRACULA, Luc Besson adapte à son tour le roman de Bram Stoker, publié en 1897. Le réalisateur français passe ainsi après le film culte DRACULA de Francis Ford Coppola (1992), mais aussi après le long-métrage éponyme de Tod Browning (1931), ou encore NOSFERATU (1922), l’adaptation non officielle de Friedrich Murnau.
DRACULA reprend la trame principale du roman. On y suit le prince Vladimir (Caleb Landry Jones), un guerrier sanguinaire du XVe siècle. Après la mort de son épouse Elisabeta (Zoë Bleu), il se détourne de Dieu. Une malédiction s’abat alors sur lui et le transforme en vampire. Durant des siècles, celui qu’on surnomme Dracula tente de retrouver la réincarnation d’Elisabeta.
Luc Besson a fait le choix de ne pas placer la suite du récit à Londres, mais à Paris. C’est ainsi à la fin du XIXᵉ siècle, dans la capitale française, que le vampire rencontre Mina Murray, une femme qui est le portrait craché de son amour de toujours. Christoph Waltz, Guillaume de Tonquédec et Matilda De Angelis sont également au casting de cette grosse production estimée à 45 millions d'euros.

“L’Empaleur” à l’origine du vampire
Pour créer Dracula, Bram Stoker s’est inspiré de plusieurs figures historiques. La plus connue est Vlad III, le prince de Valachie (sud de la Roumanie), né vers 1430 en Transylvanie. Son surnom de Dracula, qui signifie fils du Dragon ("Dracul"), vient tout simplement de son père qui appartenait à l’Ordre du Dragon, chargé de défendre la chrétienté.
À cette époque, l’Europe chrétienne était en guerre contre l’Empire ottoman. Un semblant de paix fut instauré lorsque le sultan kidnappe Vlad III pour avoir un moyen de pression sur son opposant. Vlad passa 6 ans chez « ses ennemis », et fut initié à la technique de l’empalement. Une fois envoyé par le sultan pour conquérir sa terre natale, il mit à profit cette méthode d’exécution. Il se rendit ainsi célèbre en empalant autant ses ennemis que son propre peuple. Une manière d’instaurer un sentiment de terreur et d’obtenir un avantage psychologique sur ses adversaires.
Parmi ses faits d’armes, il aurait fait empaler plus de 20 000 soldats turcs de l’Empire ottoman, et les aurait laissés pourrir sur 3 km.On retrouve une référence à cette pratique au début du DRACULA de Luc Besson, lorsque Vladimir et ses hommes apparaissent en haut d’une colline, avec les têtes de leurs victimes empalées sur des lances.

Les tortures de la “Comtesse Dracula”
L’autre source d’inspiration majeure de Bram Stoker pour Dracula est une femme. Il s’agit de la comtesse hongroise Elisabeth Bathory, alias l’Ogresse des Carpates. Née en 1560, celle-ci était tout aussi effroyable que Vlad, et avait un penchant morbide pour la torture. Dans son château de Čachtice, ses servantes se faisaient passer à tabac, brûler ou encore défigurer. Une cruauté bien connue de son mari, qui lui donnait des conseils de torture pour assurer l’ordre dans le royaume en son absence. Et à la mort de son époux, la comtesse continua ses sévices.
D’après une rumeur, elle aurait pris des bains dans le sang de jeunes vierges dans l'espoir de garder sa beauté et sa jeunesse. De quoi nourrir l’imaginaire du créateur de Dracula, même si la réalité était différente. En effet, cette légende viendrait du fait qu’il y avait d’énormes quantités de sang dans les chambres de torture de la “comtesse sanglante”.
Enfin, ses victimes n’étaient pas uniquement des paysannes. Elisabeth créa une soi-disant école pour jeunes filles nobles. Après les avoir accueillies, elle les massacra et rejeta la faute sur une élève qui, d’après elle, serait devenue folle et aurait tué ses camarades avant de se suicider. Une explication difficile à avaler pour les enquêteurs envoyés par l’empereur Matthias Iᵉʳ du Saint-Empire en 1610 après d’innombrables plaintes. Au moment de son arrestation, les preuves étaient accablantes — dont des tonnes de cadavres retrouvées dans les couloirs du château.
À l’issue de son procès, Elisabeth Bathory fut condamnée à rester enfermée dans une pièce de son château jusqu’à sa mort, le 21 août 1614. En plus d’avoir été une importante source d’inspiration pour Bram Stoker, l’histoire d’Elisabeth Bathory a donné lieu au film LA COMTESSE (2009) de Julie Delpy.
