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Sur Netflix : ce film a prouvé que Jim Carrey n'était pas qu'un acteur comique

Après avoir enchaîné les comédies, Jim Carrey a livré une performance mémorable dans THE TRUMAN SHOW. Disponible sur Netflix avec CANAL+, le film a tellement marqué les esprits qu’il est à l’origine du “Syndrome Truman”.

THE TRUMAN SHOW, un tournant pour la carrière de Jim Carrey

Dans les années 1990, Jim Carrey est devenu une référence de la comédie. Que ce soit dans ACE VENTURA (1994 et 1995), THE MASK (1994) ou encore MENTEUR, MENTEUR (1997), l’exubérence de l’acteur était mise en avant. Et même dans BATMAN FOREVER (1995), la star a incarné un Ed Nygma totalement loufoque. Mais si certains acteurs ont pu être cantonés à un seul genre, Jim Carrey n’a pas trop tardé avant de se montrer tout aussi à l’aise dans un registre plus dramatique. En effet, en 1998, il était la tête d’affiche de THE TRUMAN SHOW, réalisé par Peter Weir (MASTER AND COMMANDER) à partir d’un scénario d’Andrew Niccol (LORD OF WAR).

Les différentes affiches de THE TRUMAN SHOW montraient généralement Jim Carrey souriant. Mais qu’on ne s’y trompe pas, derrière ces images se cache un rôle plus dramatique. Surprenant mais parfait pour l’acteur. Après deux nominations aux Golden Globes pour THE MASK et MENTEUR, MENTEUR, Jim Carrey a remporté le prix du meilleur acteur lors de la cérémonie de 1999. Et dans la continuité l’acteur américain a été récompensé une deuxième fois aux Golden Globes pour une performance dramatique dans MAN ON THE MOON (2000), avant que les César ne lui rendent hommage 26 ans plus tard

Une satire qui aurait pu être bien plus sombre

THE TRUMAN SHOW suit Truman, un jeune homme qui mène une vie simple et banale. Il habite un petit pavillon dans une station balnéaire, et tous les matins il se lève de bonne humeur avant d’aller travailler dans une agence d’assurances. Le soir, il retrouve sa femme qui lui affiche chaque jour un sourire radieux. Mais la monotonie de son quotidien commence à lui peser. Et il devient de plus en plus paranoïaque. Truman se sent observé, et se met à douter de ceux qui l’entourent… 

Ce qui aurait pu être une simple crise existentielle est en réalité bien plus sordide. Car toute la vie de Truman est un mensonge. Rien n’est vrai à part lui. Il ne le sait pas, mais il est en fait la star d’une émission de téléréalité et évolue depuis toujours dans un immense studio, filmé par des milliers de caméras cachées. C’est grâce à une figurante (Natascha McElhone) dont il tombe amoureux que Truman va remettre en question sa vie et chercher la vérité.

Cette idée d’une vie fictive et retransmise avait déjà inspiré des oeuvres de science-fiction. Comme en 1989, avec un épisode de LA CINQUIÈME DIMENSION où un homme découvre une caméra dans le miroir de sa salle de bain et comprend que sa vie est diffusée en permanence. Terrifiant ! Sauf que le ton de THE TRUMAN SHOW est différent, avec beaucoup d’humour et un bon équilibre trouvé dans les moments plus dramatiques. Il faut dire qu’avant d’arriver au script final, le studio Paramount a demandé pas moins de 16 réécritures ! Les producteurs craignant justement qu’une satire trop sombre n’attire pas le public en salles. 

Film culte et véritable syndrome

Misant donc davantage sur la légèreté, sans effacer entièrement l’aspect dramatique de l’oeuvre, le scénario s’est avéré parfait pour un comédien comme Jim Carrey. Ce dernier ayant ainsi la possibilité d’amuser le public en se livrant à des improvisations dont il a le secret. Comme lorsque Truman se met à dessiner un scaphandre sur le miroir de sa salle de bain. Et en affichant les failles de son personnage, l'acteur a été une vraie surprise.

Cette semi-légèreté de ton provient également de la présence de Peter Weir à la réalisation puisqu’avant lui des cinéastes aux styles bien différents ont été envisagés. Comme Sam Raimi, David Cronenberg ou encore Brian De Palma. Pourtant, les premiers jours de tournage n’ont pas été évidents entre l’acteur et le réalisateur. Justement à cause des improvisations de Jim Carrey auxquelles Peter Weir n’était pas habitué. Mais au fil des prises le duo a su s’apprivoiser pour créer cette oeuvre mémorable.

En plus d’avoir été un succès au box-office, THE TRUMAN SHOW a été à l’origine du nom d’un véritable trouble psychiatrique. En effet, peu de temps après la sortie du long-métrage, les premières émissions de téléréalité ont envahi les écrans (Big Brother en 1999, Loft Story en 2001). Des consomateurs addicts à ces programmes ont alors développé un trouble, s’imaginant eux-même coincés dans une immense téléréalité. Le terme de “syndrome Truman” a ainsi été inventé en 2008 par deux psychiatres, les frères Joel et Ian Gold, après avoir suivi cinq patients qui remettaient en question leur propre réalité. 

Aujourd’hui, à l’ère de la multiplication des écrans et de l’exposition permanente sur les réseaux sociaux, se filmer durant des heures n’a plus rien d’anormal. Une preuve supplémentaire de l’aspect visionnaire de THE TRUMAN SHOW.