Disparition de Jean-Pierre Marielle, l'une des dernières figures de la bande du Conservatoire

Posté par Aurelien BACOT le 25 Avril 2019
La voix de stentor et la moustache toujours impeccable de cet immense comédien vont nous manquer, Jean-Pierre Marielle nous a quitté à hier l'âge de 87 ans.

Né dans la ville de Dijon, Jean-Pierre Marielle monte à Paris pour faire l'acteur. Il sort primé du Conservatoire, où il rencontre Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Claude Brasseur, Annie Girardot, Françoise Fabian...

Il tâte du cabaret avec Guy Bedos, et revient régulièrement sur les planches servir Pinter, Pirandello, Tchekhov ou Guitry. Le cinéma le sollicite dès 1957 avec CHARMANTS GARÇONS et TOUS PEUVENT ME TUEUR d'Henri Decoin.

Dès lors il ne quitte plus les écrans, fidèle partenaire de Belmondo dans PEAU DE BANANE (Marcel Ophüls, 1963), WEEK-END À ZUYDCOOTE (Henri Verneuil, 1964) ou TENDRE VOYOU (Jean Becker, 1966).

Il fait mouche dans les comédies de Philippe De Broca (LE DIABLE PAR LA QUEUE, 1969), Claude Berri (SEX-SHOP, 1972) ou Georges Lautner (LA VALISE, 1973).

Son charisme viril fait des étincelles et il explose littéralement de truculence chez Joël Séria (LES GALETTES DE PONT-AVEN, 1975), Yves Boisset (DUPONT LAJOIE, 1975), Bertrand Tavernier (QUE LA FÊTE COMMENCE, 1975) et Bertrand Blier (CALMOS, 1976), avec son timbre grave, sa prestance et sa folie. Un acteur culte est né.

De fillms d'auteur en farces truculentes et polars habités, il brille dans COUP DE TORCHON (Tavernier, 1981), TENUE DE SOIRÉE (Blier, 1986), LES MOIS D'AVRIL SONT MEURTRIERS (Laurent Heynemann, 1987), QUELQUES JOURS AVEC MOI (Claude Sautet, 1988), MAX ET JÉRÉMIE (Claire Devers, 1992) et LE SOURIRE (Claude Miller, 1994).

Jean-Daniel Verhaeghe le soigne à la télévision avec Jean Carmet et Jean-Louis Trintignant (BOUVARD ET PECUCHET, 1989, LA CONTROVERSE DE VALLADOLID, 1992).

Il fait sensation en joueur de viole de gambe austère dans TOUS LES MATINS DU MONDE d'Alain Corneau (1991).

Malicieux, il continue de s'amuser dans ATOMIK CIRCUS (frères Poiraud, 2005), DA VINCI CODE (Ron Howard, 2006), MICMACS À TIRE-LARIGOT (Jean-Pierre Jeunet, 2009), et double Gusteau dans RATATOUILLE (Brad Bird, 2007).

Toujours au sommet, il bouleverse en séducteur vieillissant dans FAUT QUE ÇA DANSE ! (Noémie Lvovsky, 2007) face à Valeria Bruni-Tedeschi et Sabine Azéma.

La comédie n'est jamais très loin dans le parcours de l'acteur comme il le démontre à nouveau avec son rôle dans PIECE MONTEE (2010), où une famille bourgeoise se dit ses quatre vérités.

On le retrouve ensuite en 2012 sur le terrain, occupé à aider une équipe de foot bretonne, dont font partie les comédiens Omar Sy ou José Garcia, dans le film LES SEIGNEURS d'Olivier Dahan.

Après un passage par le petit écran, Jean-Pierre Marrielle retrouve le 7ème art en 2014 avec la comédie romantique TU VEUX OU TU VEUX PAS avec Patrick Bruel et Sophie Marceau. L'année suivante, il prête également sa voix caverneuse unique pour le film d'animation PHANTOM BOY.

Nommé 7 fois au César du meilleur acteur sans jamais remporter la récompense, fidèle à sa gouaille il déclarait à ce sujet : "Les César ? J'en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola."

Sans cet immense acteur qui nous a quitté le 24 avril 2019 à l'âge de 87 ans, le monde est un peu plus terne, mais il nous reste toute sa brillante filmographie à explorer pour nous consoler.

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